J -
Publié le 30 juin 2026
Dans le prolongement de la dernière actualité du 29 juin, voici un tour d’horizon des conséquences pour l’été et l’automne à venir sur le bassin de l’Elorn, suite aux deux dernières épisodes caniculaires précoces.
Quelques rappels afin de bien fixer les enjeux. l’Elorn approvisionne plus de 300.000 consommateurs à partir de la station de pompage et de traitement des eaux de Pont Ar Bled, sans compter le transfert depuis la station de Goas Moal, implantée en amont de Landivisiau.
Cette station de prélèvement alimente le Haut Léon en remplacement du pompage de L’Horn « nitratée », abandonné depuis bientôt 20 ans, mais également pour palier en période de crise à la faiblesse des débits des bassins côtiers de ce territoire.
Grâce au soutien d’étiage du lac du Drennec notre rivière reste à l’abri d’une baisse dramatique de son débit sur l’essentiel de son cours, à savoir le tronçon lac du Drennec – Pont Ar bled soit pratiquement 40 km de linéaire. Il n’en sera hélas pas de même sur le (petit) tronçon Pont ar Bled – Landerneau, en amont immédiat de l’estuaire. En effet, l’augmentation désormais inévitable des prélèvements tant à Goas Moal qu’à Pont Ar Bled va contraindre l’administration à activer la dérogation concernant le DBM (Débit Minimum Biologique) en aval de cette station. (800 litres/seconde).

Comme en 2023, la population piscicole risque donc de souffrir sur ce parcours d’un peu plus d’un kilomètre d’autant que les températures de plus de 23° ont déjà été ponctuellement relevées le 26 mai avec quelques salmonidés en difficulté. La remontée estivale de castillons, dont le pic se situe généralement avec la grande marée de mi-juillet, pourrait donc être perturbée jusqu’aux prochaines précipitations.
L’augmentation des prélèvements dans la rivière est en effet désormais inévitable lorsque les pompages privés qui alimentent les gros élevages, notamment porcins, sont à sec. A force de tirer sur la ressource – ce Bien Commun de la Nation -, celle-ci s’épuise surtout que l’importance de ces prélèvements est inconnue et souvent non – déclarée. Ces derniers représentent des dizaines de milliers d’animaux sur notre bassin et leur approvisionnement en eau va basculer sur le réseau public.
A l’échelle régionale se sont donc plusieurs centaines de milliers d’animaux qui vont se retrouver directement en concurrence avec la satisfaction des besoins de la population. Ceci en pleine période d’affluence touristique et avec des températures qui pourraient être méditerranéennes des semaines durant. Cherchez l’erreur !
Si la pratique de la pêche sur notre rivière et la survie des poissons ne sont pas menacées sur l’essentiel de son parcours, la situation sera par contre très tendue sur les affluents, notamment ceux de la rive gauche à régime semi torrentiel (le Saint-Jean, le ruisseau de Loguy, le Morbic…) lesquels risquent bien de se retrouver asséchés !
Soyons en outre conscients que dans une telle situation le moindre rejet polluant accidentel se traduira par une hécatombe piscicole. Il en va de même en cas d’orages violents (coulées de boues).
Cerise sur le gâteau, la bêtise humaine n’ayant aucune limite, il se trouvera bien évidemment une minorité de malfaisants, pourtant bien connus, que personne ne semble capable de mettre hors de nuire, pour profiter de la situation en harcelant par tous les moyens les derniers migrateurs.