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Publié le 14 juin 2026
Mobilisation d’une brigade d’une quinzaine de sociétaires de notre association afin de restaurer une grosse soixantaine de mètres de rives en amont de la Roche – Maurice ce samedi 13 juin et application d’une méthode désormais bien rodée.

L’idée étant de regagner de la berge et de resserrer le lit mineur de la rivière qui avait un peu trop pris ses aises mais aussi de créer une bonne variété d’habitats pour la multiplicité des insectes, batraciens, poissons et mammifères qui composent la richesse de l’Elorn.

La technique éprouvée se déroule en plusieurs temps. D’abord nos professionnels, Nicolas et Alain sont venus quelques jours plus tôt préparer le chantier.

Ils se sont chargés de l’implantation de piquets en châtaigniers, bois non-putrescible, et de la disposition de travées issues des arbres débités sur site (cette fois c’était du saule) et disposées tant de manière parallèle que perpendiculaire au courant.
Leur travail consiste donc à faire le gros œuvre et à préparer les tâches fastidieuses pour une équipe (très) réduite et fortement consommatrices de main-d’oeuvre. C’est à ce stade qu’intervient la brigade et sa puissance de mobilisation.

Dans un second temps, la berge est décapée de manière à éviter une rupture de niveau abrupte mais au contraire façonner une courbe de niveau qui s’abaisse progressivement de manière à ce que la pression du courant glisse sur la surface ainsi créée et ne trouve par de pans verticaux de berge à éroder.

L’hydrodynamique ne trouve donc pas d’opposition et le gonflement de la rivière par les crues ne trouve plus de berge à saper.

La terre est donc répartie sur une épaisseur de 15 à 30cm sur l’ensemble de la surface ainsi créée et qui va servir de support à la reconquête par la végétation.

Un processus qui peut se faire naturellement ou par l’implantation de graines de fétuque aux racines plus profondes et plus fixantes.
Dans tous les cas, la nature limoneuse et extrêmement fertile du sol ainsi recréé combinée à la proximité du cours d’eau qui apporte de l’humidité chaque nuit favorise naturellement une reconquête rapide par le végétal. Autre avantage, rats musqués et autres ragondins trouvent porte close : impossible de creuser des galeries et de miner les berges sur ce type de profil renforcé de surcroit par des souches enterrées… mauvaise surprise.

Une attention particulière est accordée aux zones de contact entre l’eau et la berge.

Les rondins de bois sont laissés libres de terre et permettent la fixation des insectes (larves de phryganes – porte-bois – larves d’éphémères)…

… la création de caches mouillées (vairons, truitelles, chabots, loches, larves de vase…) et humides (crapauds, micromammifères…) permettant une grande diversité des habitats.

Et puis, le beau temps aidant, c’est un moment pour se retrouver au bord de l’Elorn pour un barbecue à l’ombre des frênes, des chênes et des saules qui bordent la rivière et y guetter les gobages.
Un excellent samedi matin pour débuter le week-end sous le signe de la biodiversité, de l’amitié et des belles séances futures de pêche sur notre rivière.
