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Publié le 29 juin 2026

Point sur les migrations : une année sous double contrainte.

On rappellera en remarque liminaire que l’Elorn bénéficie, grâce à la trappe de comptage de Kerhamon, d’un outil exceptionnel de comptabilité des remontées de poissons migrateurs dans l’Elorn. Suivi scientifiquement et géré par notre association et par la Fédération de pêche du Finistère, situé en amont de Landerneau, la cellule photoélectrique déclenche une prise de vue à chaque passage.

Avec déjà deux vagues de chaleur extrême en mai puis en juin, le profil des remontées de poissons migrateurs dans l’Elorn offre une physionomie atypique. Les chiffres sont moins bons pour deux espèces (alose et truite de mer) la situation, déjà catastrophique comme partout ailleurs, est aggravée par le braconnage pour la troisième et la plus symbolique : le saumon.

Avec 175 spécimens contre 235 à la même date, la migration des aloses est moins forte cette année. Toutefois cette espèce, qui était totalement absente voici une trentaine d’années, connaît des variations importantes d’effectifs qui n’ont pas été explorées scientifiquement. En outre une partie significative de l’effectif se reproduit en aval de Kerhamon et échappe aux statistiques.

En cette fin juin la migration qui avait commencé à la mi-avril se termine. Elle a connu deux pics de remontée. 60 individus dans la semaine du 30 avril au 6 mai, 65 de plus dans la quinzaine du 14 au 27 mai. Deux périodes qui correspondent à des périodes pluvieuses.

La truite de mer elle aussi connaît une baisse significative de ses remontées avec 33 spécimens au 24 juin contre 65 à la même époque. Toutefois ce poisson apparaît généralement au cours de la seconde quinzaine de mai, est très sensible aux stimulis hydrologiques. Il reste divaguer et se nourrir en rade en attendant des conditions plus favorables. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les conditions, depuis la mi-mai, n’ont pas été favorables aux remontées. Les données ne sont donc pas significatives.

Reste le saumon. Nous n’attendions pas de miracle… il n’y en a pas eu. Voici une trentaine d’années ont comptait quelques centaines de grands saumons de printemps sur l’Elorn. Cette année on atteint péniblement la vingtaine. Les remontées de castillons, les saumons d’été plus petits, sont sur une même pente de danger critique d’extinction. C’est la raison pour laquelle l’espèce est désormais protégée et que la pêche en est interdite.

La pêche en est interdite mais celà n’empêche pas le braconnage par une bande de délinquants locaux, nuisibles et sans scrupules.
Leur méthode est simple. A deux ou trois ils profitent des eaux basses pour repérer les rares saumons réfugiés dans les pools. Une fois logés ils les grappinent au moyen d’un gros hameçon triple de 3/0 lesté d’un plomb olive. Le forfait accompli, ils appellent un complice pour que leur victime soit enfournée dans le coffre d’une voiture. Si le saumon réussit à s’échapper, il est clair qu’avec les blessures occasionnées il ne passera pas l’été. Depuis deux mois 10 à 20% (3 à 4 sujets) du maigre effectif de saumon de printemps à ainsi disparu, non-comptés les poissons blessés.

Ces idiots ne valent pas mieux que ces ultrariches qui payent en dizaines de milliers de dollars le privilège de tirer un rhinocéros. Que ce soit en Afrique ou en Bretagne, la délinquance écologique n’a pas de frontières.

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