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Publié le 2 novembre 2026

« Pollution » de l’Odet : le poids des photos, l’ambiguïté des mots.

Personne ne peut ignorer la catastrophe qui est intervenue sur l’Odet, la rivière de Quimper. Après quelques jours d’enquête et de vérifications, le pot aux roses a été mis à jour. 

Les tourbières du haut-bassin de l’Odet ont subi de plein fouet canicules et sécheresse historiques. 

Les pluies sont tombées sur cette végétation ayant subi un stress sévère, les eaux ont percolé, se chargeant en acidité. D’un optimum de 6 – 7 le potentiel hydrogène de l’eau (pH) est tombé a 2 – 3. Tout est mort. Poissons, toutes espèces confondues, insectes, piscicultures… un cataclysme ! La vie mettra des années à revenir. Les chaînes trophiques ont été détruites ou disloquées. 

La presse et les commentateurs de tous poils ont trouvé le coupable. La nature. C’est une pollution « naturelle ». La faute à pas de chance en somme. Et, pour une fois qu’il n’y avait ni lisiers, ni pesticides, ni rejet industriel mis en cause, de grands discours savants ont été déroulés pour expliquer que oui, c’est surprenant, mais la nature peut s’infliger elle-même de graves blessures. 

Cette interprétation des faits ne résiste pas à une analyse sérieuse. La pollution de l’Odet a des causes qui n’ont rien de naturel. Dès le mois de juillet on était en alerte sécheresse et des pêches de sauvetage étaient organisées pour faire face au niveau catastrophique de la lame d’eau.

L’Odet a passé son été en apnée profonde avec une température de l’eau bien trop haute. L’effondrement du pH est venu achever la rivière. 

Le coupable est parfaitement connu et n’a absolument rien de naturel. C’est le changement climatique dont les effets sont annoncés à longueur de rapports du GIEC chaque année puis declinés dans leurs variantes nationales. Et ce changement climatique, à son tour, n’a absolument rien de naturel non plus puisqu’il est provoqué par l’incapacité de nos sociétés à se libérer de l’emprise des énergies fossiles.

Dire que la disparition de la vie dans l’Odet est due à un phénomène naturel est une profonde illusion d’optique et fait penser à ce proverbe chinois : « quand le sage pointe la lune, l’idiot regarde le doigt« .

Il est temps de sortir de l’ambiguïté des mots et de voir la vérité en face. Nous entrons dans une ère de grands bouleversements avec une altération profonde du fonctionnement des biocénoses. Nous en sommes les seuls responsables. Responsables des causes mais aussi des solutions pour y faire face… autant que faire se peut.

La catastrophe sur l’Odet n’a rien de « naturel »…

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