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Publié le 19 août 2026
Cette 3eme semaine d’août marque la fin de trois mois infernaux durant lesquels la réalité du changement climatique s’est imposée dans toute sa violence.
Comme l’indique l’interview du Président, l’Elorn a plutôt bien résisté grâce au barrage du Drennec. Les affluents ont conservé une lame d’eau qui a évité toute mortalité massive. En fait la pêche ne s’est jamais arrêtée même si les truites ont été plus timides et plus paresseuses qu’en période normale.

En revanche ces 90 jours infernaux, de la mi – mai à la mi – août se sont inscrits dans les paysages avec une souffrance apparente des hêtres, châtaigniers et chênes qui ont roussi dès le début août.
Alors que cette seconde quinzaine du mois marque le retour des perturbations atlantiques, voici état des lieux de l’ensemble de notre domaine de pêche. Un constat : à une exception près la situation est critique mais les dégâts relativement limités.
1. Bassin versant de l’Elorn.
. Elorn : situation normale.

Le niveau de l’Elorn bénéficie d’un soutien d’étage de 500 à 800 litres / seconde provenant du barrage du Drennec.

Le niveau de l’eau était bas mais correct. Des craintes en juillet lorsque la température de l’eau à la Roche Maurice tutoyait les 21° mais est retombée a 18 – 19° grâce a des nuits plus fraîches. Noter que la rivière est restée pêchante.
. Quillivaron – Dour Kamm – Penguilly : niveau très bas mais passable.
Ces trois affluents sont des coffres forts pour l’Elorn avec des populations de truites extrêmement denses.

Leurs niveaux sont très bas mais encore substanciels. Aucune mortalité observée.

Le Quillivaron notamment est resté praticable durant toute la période critique.

2 . Haute – Flèche Penmarc’h en Bodilis : étiage bas aggravé par une pollution organique lourde.

La Flèche paye cher la présence d’équipements de production animale et de méthanisation sur sa tête de bassin versant. L’étiage est bas mais néanmoins relativement soutenu toutefois le flux ne permet plus la dissolution des matières organiques.

Situation nettement dégradée avec forte baisse qualitative du milieu.
3. Haut – Horn, amont de Plouvorn : étiage très bas mais passable.

L’Horn bénéficie à plein de son approvisionnement par la nappe du Léon. Le niveau est très bas mais encore passable.
Les eaux semblent plus fraîches permettant une présence assez substantielle d’insectes.

Cette partie de l’Horn abrite une importante population de truites juvéniles qui ensemence le reste de la rivière. Pas de dégâts visibles.
4. Haute – Penzé amont de Loc – Eguiner – Saint – Thegonnec : situation catastrophique.

Jamais la Haute – Penzé n’avait été aussi basse. La population de truites pourtant très nombreuse, semble avoir disparu pour se réfugier dans les profonds ou dévaler.

Clairement cette partie amont de la Penzé était au bout du rouleau. 15 jours de sécheresse en plus et c’était l’assec.
5. Haut – Guillec : confluence Guillec – Stang : bilan contrasté.

En aval de la confluence la situation est passable avec de nombreuses truites dans les profonds mais c’est grace a l’apport du Stang.

Le Guillec est lui dans une situation catastrophique avec un assec qui n’est pas loin et qui est aggravé par une charge organique lourde.

Ce 19 aout marque le retour de la pluie. Les prévisions météorologiques annoncent plusieurs séquences pluvieuses au cours de ces dix prochains jours. Tant mieux. Mais l’alerte aura – sans jeu de mot – été très chaude et sans un hiver extrêmement humide et qui avait chargé les nappes jusqu’à la gueule jusqu’à la mi – mai nous aurions eu une situation encore plus dégradée.
Reste à savoir quels enseignements vont être tirés de ce premier coup de semonce qui n’est que l’avant-garde de ce qui nous attend ces prochaines années.
Un gros travail devra être engagé pour renforcer la résilience de nos rivières et éviter les solutions à courte vue ne privilégiant que des acteurs peu respectueux de l’Etat de Droit et ayant déjà un lourd passif d’atteintes à la biodiversité.
(Situation au 17 aout 2026)