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Publié le 13 juillet 2026
Ces dernières semaines on vous l’a dit et répété jamais la Bretagne, y compris dans sa partie occidentale, n’avait fait l’expérience de ce qui était annoncé par les climatologues pour les années 2050. Nous en sommes, ce 13 juillet 2026, à la 3ème vague de chaleur (fin mai, mi juin, début juillet) avec des séquences de températures stables à 28 – 40° le jour, 16 à 24° la nuit, un ensoleillement sans partage ponctué de rares orages qui n’apportent qu’un répit ponctuel, court et symbolique. Fin mai nous craignions un tel scénario. Nous y sommes et l’été est loin d’être terminé.

Ces conditions ouvrent sur une situation que nous n’avions inconnue si tôt dans la saison.
. Les affluents de la rive droite de la Basse-Elorn, issus des zones agricoles les plus intensives, perdent rapidement de la vigueur. ceux des cours moyen & supérieur tiennent encore le coup grâce aux pluies qui avaient rechargé les nappes. La cours principal de l’Elorn est lui passé en régime « été » avec une lame d’eau très correcte approvisionnée par la lac du Drennec. Il en sera ainsi jusqu’à la fermeture et l’Elorn restera pêchante.
. L’autre contrainte est la montée en température de la rivière. Si l’eau en sortie de source est à 13 – 15°, celle du cours principal est à 21 – 22° au niveau du bourg de La Roche-Maurice, 18 – 19° en amont de Sizun. Ici encore les valeurs sont hautes mais l’Elorn fait jouer pleinement les trois atouts qui la rendent plus résiliente : la lame d’eau soutenue par le Drennec, un bonne pente qui favorise des eaux courantes et une oxygénation constante, le travail d’entretien de proximité assuré par professionnels et bénévoles, laissant des zones d’ombre.

De fait si en journée la rivière semble s’assoupir aux heures les plus chaudes, il ne faut surtout pas en déduire que l’activité des truites soit à l’arrêt. Loin de là.

En sèche privilégier le matin avant 10 heures puis le soir après 20 heures sur des insectes tombés à l’eau en matinée, de petites araignées en soirée. Avec toutefois des exceptions lorsque un vent d’Est chaud et séchant balaye la rivière en soirée. De mauvaises conditions (soirées des 11 – 12 juillet) qui chassent les insectes et figent l’activité. L’Elorn est une rivière sauvage et les poissons qui y vivent n’ont jamais connu les granulés, leur activité est étroitement liée aux conditions naturelles.

En nymphe même sous un grand soleil privilégier l’aval des bouillons formés par des enrochements. Ces irrégularités oxygènent l’eau et concentrent les poissons. Elles canalisent également toutes les proies qui se sont libérées du dessous des pierres ou des bancs d’algues. La luminosité incitera les tuites à se positionner plus profondément. Une nymphe plombée est une bonne option. Une agréable surprise est éminement possible…

Si il est possible de tirer son épingle du jeu, nous n’en sommes toutefois plus aux conditions que nous avions rencontrées depuis la fin avril avec la présence constante de poissons de 35cm+ et une activité s’étendant sur l’ensemble de la journée. Néanmoins ces belles truites sont toujours bien présentes et n’attendent qu’une chose : une semaine fraîche et pluvieuse qui fera remonter le niveau de la rivière, faire perdre 4 ou 5° à l’Elorn et remettre en route l’ensemble de l’écosystème.

(images Lionel)