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Publié le 4 novembre 2026
Et voilà. Le 31 octobre la saison 2026 s’est terminée en beauté sur le lac du Drennec avec un Open qui nous a permis de nous voir une dernière fois avant décembre et les élections au Conseil d’Administration de notre structure. Ce sera vraisemblablement le 13 décembre (notez la date dans vos agendas, elle est la plus probable).
La saison a été en tous points extraordinaire, stressante à partir de juin, car le changement climatique a très fortement impacté l’exercice de la pêche sur le Drennec.

L’ETAT DU LAC DE MARS A OCTOBRE.
A l’ouverture le lac était plein à raz bord des pluies qui avaient débuté dès le mois de septembre 2025 et qui ont été quasiment ininterrompues jusqu’en mars 2026.

A partir de début d’avril le temps s’est mis au sec et 5 canicules en mai, juin, juillet et août se sont succédées sans coupures pluvieuses. Tous les plafonds de températures ont été crevés avec entre 35 et 42° le jour, 20 à 23° la nuit. Ce n’était plus la Bretagne Occidentale mais l’Andalousie !

Il a fallu attendre la mi-septembre pour retrouver des valeurs décentes et encore… presque sans pluie sérieuse.
Le lac s’est réchauffé à des niveaux hallucinants. On devait friser les 28° sur les bordures, 25° en surface et en moyenne. Les eaux profondes restaient fraîches mais à la mi-août on ne faisait pas les fiers. La hauteur de la thermocline – limite de séparation entre les eaux fraiches du fond et les eaux chaudes de la surface – était tellement basse que nous n’avions plus que 3 semaines avant que ces eaux chaudes de surface ne se vident dans la rivière. Avec un risque de mortalité dans le lac et des conséquences funestes sur la population des farios de l’Elorn à l’aval. Heureusement le temps a changé, la gestion du lac s’est faite au plus juste et cette perspective a été éloignée. En ce début novembre le lac reste très bas et les pluies de l’hiver se font urgemment attendre.

L’ETAT DES STOCKS.
A l’issue de cet été infernal nous nourrissions de lourdes inquiétudes pour la population de truites fario autochtone. A la mi – août les bruits circulaient selon lesquels c’en était fini de la souche locale et que désormais nous ne pourrions plus compter que sur nos (belles) arcs-en-ciel. Qu’il était douteux que les farios aient survécu. Le dernier week-end d’août un petit miracle nous a gonflé d’optimisme. 3 prises (merci Lucas de nous avoir avertis). Depuis lors les échos attestent que la souche a résisté avec la présence régulièrement signalée de poissons entre 20 et 50cm. Des farios moins grassouillettes qu’en rivière certes mais rageuses et bien charpentées. C’est une excellente nouvelle.

Pour les rotengles qui servent de poisson-fourrage, l’été 2026 a été une bénédiction. Aucune truite n’est venue les chasser dans les bordures baignant dans une eau à 26 – 28°. Le succès de la ponte a été massif. Avec le rafraîchissement du temps farios et arcs ont trouvé un garde-manger abondant. Elles ont sonné la charge à partir de la mi-août et la baisse en température des eaux de surface.
L’abondance des rotengles a fait les beaux jours des truites arc-en-ciel. Elles sont régulièrement relâchées dans le lac et viennent sérieusement renforcer l’effectif résiduel qui passe l’hiver et s’est ensauvagé.

D’ailleurs certains pêcheurs se sont trouvés atelés à des locomotives dont la taille n’a rien à voir avec les soutiens d’effectifs que nous apportons. Il existe probablement quelques farios ou arcs hors normes dont l’étude de la survie et de la croissance serait un excellent sujet de thèse.
LE DRENNEC DU BOUT DE LA CANNE.
D’un point de vue technique, comme toujours, le lac a tenu ses promesses : saisonnalité et variabilité des méthodes.
Pour aller vite et pour celles et ceux qui comptent fréquenter le Drennec de manière assidue ou ponctuelle en 2027, les proies des truites se repartissent en 3 grandes familles :
. Les insectes d’eau et des bordures : ouverture, printemps et été « normal »,
. Les insectes aériens non liés à l’eau (coléoptères, hymenoptères…) : avril, mai, juin,
. Les alevins et juveniles de rotengles et les vairons : ponte de mai, fin d’été et automne.

La saison de pêche 2026 s’est elle aussi organisée en 3 séquences bien distinctes. Celle du plein été étant neutralisée entre la mi – juin et la mi – août.
Les observations de cette année quant aux choix des mouches valent parfaitement pour l’année prochaine.
. De l’ouverture jusqu’au début juin : nous avons connu des conditions classiques. Chironomes, Bibio marci, sialis mais aussi des coléoptères qui rendaient les truites extrêmement enthousiastes..

La prime revenait à celles et ceux qui se levaient tôt avec de trés belles pêches réalisées courant avril, notamment sur la seconde partie du mois, avec un temps déjà anormalement tiède qui a stimulé le végétal.

L’épisode pluvio-venteux de début juin, en lac comme en rivière, a permis de trés beaux coups de ligne dans des conditions difficiles. De grosses récompenses à la clé pour qui savait lire l’eau (actu du 6 juin).

Nos recommandations pour 2027 sur base 2026 : Les truites venaient volontiers sur des mouches sèches, émergentes ou nymphes tractées. La couleur noire, brune ou vert olive, parfois cerclé d’or ou d’argent d’une mouche sèche, émergente ou nymphe avec ou sans bille, posée sur l’itinéraire estimé d’une truite était une excellente option.
Mais dans plusieurs cas, les plus beaux specimens sont allés se faire les dents sur des rotengles primesautiers et en pleine folie copulatrice. Dans cette situation, le streamer était une arme redoutable.
. On ne va pas se mentir, l’été a été difficile voire impossible. A partir de la mi-juin le vent est devenu chaud sous un soleil de plomb. Les nuits courtes n’ont prodigué aucun répit car la température y dépassait les 20°.
Début juillet après un mois de juin à plus de 40° lors de la semaine du solstice, on a commencé à flipper sérieusement. Un épisode frais titrait 25° au thermomètre (on est en Finistère et 25° est habituellement ce qu’on appelle un temps chaud) et toujours pas de pluie. La série noire a continué sur le mois d’août jusqu’au 20 environ. Nous étions en contact avec la station de l’INRA du barrage qui n’annonçait rien de bon. 25 à 26° en surface au milieu du lac. Le Drennec s’est figé sauf pour les rotengles pour lesquels c’était la fête tous les jours. La pêche s’est quasiment arrêtée.
. Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié d’août que le lac a recommencé à bouger et l’arrière – saison a été spectaculaire malgré des eaux très basses. Du jamais vu.
Les truites avaient faim. Elles avaient guigné les rotengles depuis deux mois sans pouvoir s’y faire les dents… il y avait des comptes à régler et ça s’est payé cash.

Nos actualités des 28, 29 et 31 août retracent fidèlement le réveil du lac. Tout au long du mois de septembre et jusqu’au 31 octobre les truites du Drennec sont devenues plus piscivores qu’insectivores (28 septembre, 11 octobre).
Nos recommandations pour 2027 sur base 2026 : Le bon choix pour cette fin de saison était l’utilisation de leurres qui se font remarquer.
. En surface micro-popper, micro-slider sur soie flottante.
. A mi-eau streamer vibrionnant sur soie flottante ou intermédiaire.
. En profondeur Bobby bien flashant sur soie plongeante.
Une remarque additionnelle : ne pas entrer dans l’eau était bien plus efficace.

LE FLOAT-TUBE EST AUTORISE DEPUIS CETTE SAISON !
L’innovation cette année était l’autorisation du float-tube. Le float-tube est strictement réservé à la mouche. On ne va pas transiger et pour les contrevenants. Malheur à celui pris la main dans le sac avec un lancer ou des appâts naturels. C’est la porte direct.
Cette méthode a été assez confidentielle mais les premiers float-tubers ont été barboter sur le lac. Et ces précurseurs n’ont pas été déçus (actu du31 mai). Car, on ne va pas vous le cacher, le float-tube a été redoutablement efficace.

On imagine le panorama du milieu du lac ou enfin la perspective de toucher le poisson largement impossible du bord. Les retours sont positifs d’un point de vue halieutique, non-intrusif car non-motorisés d’un point de vue écologique, les sensations sans doute très agréables d’un point de vue psychologique. On pérennise évidemment. On encourage !

LES EVENEMENTS DE LA SAISON.
Notre objectif est de rendre le lac toujours plus accessible et d’en faire un lieu de rendez-vous pour des rassemblements de pêcheurs.
En mai ce fut le lieu de sortie des membre de l’Association bretonne de pêche à la mouche. Une journée très technique autour de la maîtrise de la double traction. Truites un peu boudeuses mais une journée passée entre amis et qui a laissé d’excellents souvenirs. Le niveau du lac était encore optimal et la météo clémente. Le site était tout en beauté (actu du 19 mai).

Le 31 octobre, le jour de la fermeture c’était l’Open du Drennec avec un rassemblement une cinquantaine de personnes au total dont 16 équipes de 2 moucheurs. Une redoutable technicité dans l’ensemble, des résultats obtenus grâce a l’opiniâtreté des participantes et participants. Il a fallu s’adapter à un temps anticyclonique qui avait calé les vents à l’Est et chassé tous les nuages. Toute la palette de type de pêche a ete déployée. Avec évidemment la joie de se retrouver l’année prochaine, à la mi-mars pour l’ouverture.

LA COMPLEMENTARITE ELORN – DRENNEC EN 2026.
Bon nombre des sociétaires de notre AAPPMA combinent la rivière et le lac. 8.6 pieds soie de 4 pour la rivière, 9 pieds soie de 7 ou 8 pour le lac. Leur saison de pêche est un arbitrage permanent entre une excellente rivière à truite et l’un des plus beaux lacs de pêche de salmonidés en France. Un dilemme qui, reconnaissons-le, est un luxe de riche. Voici quelles auront été leurs options.
Les mois de mars, avril, mai jusqu’à la mi juin ont été aussi féconds sur le lac que sur la rivière avec une prime pour l’Elorn toutefois. Par temps venteux la rivière était bien plus praticable et les truites étaient actives toute la journée sur une grande variété d’insectes. Si la mouche sèche a été reine sur avril et mai, l’efficacité de la nymphe a été régulière.
Le lac de son coté a évolué sur des laps de temps plus courts avec de trés bonnes séquences de trois heures (8 – 11 heures) le matin et le soir (19 – 22 heures).
Prime à la rivière en journée, avantage au lac en matinée et soirée.

Cette année juin, juillet et jusqu’à la mi – août le lac s’est mis en PLS. Les eaux chaudes ont poussé les poissons, arcs-en-ciel et farios, dans les profonds. Même les embouchures de l’Elorn – amont et du Mougau étaient sous l’empire exclusif des rotengles, les truites étant invisibles.
L’Elorn a pris le relais avec des courants timidement occupés le matin et des prises très incidentes en journée ( actu du 13 juillet)..
Prime à la rivière mais des conditions difficiles. Seule la matinée permettait de tirer modestement son épingle du jeu.

En fin de saison, a partir du 20 août, l’ensemble du domaine de pêche s’est réveillé.
Faute de coup de pluie significatif avant la fermeture, la pêche dans l’Elorn a été « moyenne » et surtout active le matin et jusqu’à 14h00 avec la réapparition de beaux poissons (actus du 21, 23 août, 6 septembre).
En revanche, au Drennec, la fin du mois d’août a sonné la charge contre les rotengles qui s’est prolongée sur l’intégralité des mois de septembre et octobre (actus de septembre et octobre).
Prime au lac grâce à ses chasses spectaculaires sur les rotengles.

Malgré une année climatiquement critique notre domaine de pêche ne s’est jamais véritablement assoupi.
Avec deux cannes, une pour la rivière et l’autre pour le lac, prendre la direction du bassin de l’Elorn permettait d’être à peu près sûr de toucher du poisson, températures de plus de 30° et pêche en après-midi mises à part.

Le succès de cette saison difficile reposait sur les trois règles d’or de la pêche sur le domaine de l’AAPPMA de l’Elorn :
. Scruter la météo,
. Consulter notre site internet,
. Se munir de la carte annuelle et ne pas hésiter, être réactif.
Il ne nous reste plus qu’à attendre la pluie. Le niveau du lac est bas et il nous faudra des mois d’hiver bien arrosés pour remettre le lac à pleine charge.

Images Eddy, Ewan, Franck, Jérôme, Lionel, Lucas, Nicolas, Renaud, Roland