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Publié le 9 avril 2026

Redécouvrir la mouche noyée : l’expérience d’un sage, Paul Troël

La pratique de la mouche noyée a longtemps été, en Bretagne de l’Ouest, une pêche de paysan. Des mouches simples, une action de pêche basée sur l’observation et une pratique qui débutait dès l’ouverture, en février jusque dans les années 1970. Mais c’est dès le mois d’avril que cette pêche avec lancer vers l’aval, donne son plein rendement. Et contrairement aux idées reçues, elle peut être pratiquée toute l’année pour peu que les herbiers ne l’autorisent… raison de plus pour s’y intéresser car elle marche très bien sur l’Elorn !

Paul Troël, moucheur, écrivain et illustrateur émérite nous a confié cette présentation. Texte et illustrations.

Mes noyées sur l’Elorn

Pendant mes 60 ans de pêcheur à la mouche, j’ai beaucoup pêché le haut-Blavet, le Trieux, puis l’Elorn à la mouche noyée, comme me l’avait appris les anciens et cela dès l’ouverture (alors en février, il y a une cinquantaine d’années, puis en mars). J’utilisais alors les mouches de mes “professeurs”, qui ressemblaient à tout …sauf à des mouches, mais elles étaient efficaces.

Au début des année 1990, mes réflexions m’ont amené à concevoir d’autres modèles basés sur mon expérience, qui m’ont démontré une meilleure efficacité. A partir de là, je n’ai plus guère utilisé que trois de ces nouveaux modèles: une mouche brune (1. sur la fig.) cerclée ou non de jaune ou d’or (50% de mes captures), une mouche avec un thorax en poil de lapin et une queue en laine tango (2. sur la fig.) et une mouche de couleur olive (3. sur la fig.), plus ou moins claire (soie floche Marabou). Ces mouches se distinguaient surtout par l’utilisation d’hameçons très fins, à hampe longue, taille N° 12. Le corps ne dépassait pas la moitié de la hampe (comme ceux du fameux pêcheur écossais W. C. Stewart) et par deux couches d’enroulement de fil de cuivre de diamètre 0,2 mm, la première couche de 24 tours et la seconde (pour former le thorax) de 8 tours (voir fig.), afin de lester légèrement l’ensemble.

Je pense que la principale qualité de ce montage avec hameçon à hampe longue a été de diminuer le nombre de ratés au ferrage.

La mouche marron, presque toujours en pointe, évoque nos larves de Baetis rhodani (ouvernus) présentes toute l’année et surtout en début de saison lorsque la truite n’a pas un grand choix d’insectes. La mouche à queue tango et thorax en poil de lapin ou de lièvre, inspirée d’une mouche Ragot, évoquerait, à mon avis, une pupe de trichoptère. Plus haut sur mon bas de ligne, une mouche olive imitant des larves de Baetis ou de Serratella ignita. L’ordre des mouches pouvait être inversé sur la ligne en fonction de l’activité des truites. J’ai utilisé ces mouches pendant trente ans sur l’Elorn. Sur le Trieux, j’utilisais en plus une imitation de Cul-Vert (Brachycentrus subnubilus), trichoptère absent sur l’Elorn et le Blavet. Sur cette rivière du Kreizh-Breizh, une mouche à corps en herl de paon à queue rouge semblait plaire aux truites. Je ne l’ai guère utilisée ailleurs.

Pour le bas de ligne, jai testé de nombreux fils, mais je n’ai rien trouvé d’équivalent au Maxima qui offrait notamment une meilleure raideur pour la conduite des mouches, évitant, de ce fait, les perruques au lancer et l’enroulement des potences autour de la ligne. Pour les potences, leur longueur pourrait sembler courte à certains (de 3 à 7 cm, ces 7 cm à la première utilisation du bas de ligne permettant ensuite le changement de mouche), mais utiliser du 17/100è ne me permettait pas d’aller au-delà. Je possédais des cannes de 9’, 10’, mais sur l’Elorn je n’ai guère pêché qu’avec ma 8’5’’, voire une 7’5’’ sur le cours supérieur, ce qui ne me posait pas de problème, avec, autre élément important, une soie la plus légère possible. Et comme disait un de mes anciens profs : Il y aurait encore beaucoup de choses à dire à ça, mais puisque c’est comme ça, laissons ça comme ça…Paul Troël

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