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Publié le 18 septembre 2026
Ce week-end, la pêche ferme en rivière et il ne reste plus que deux jours pour mettre au filet la belle truite, lovée le long d’une souche et qui nargait effrontément depuis la mi-juin. Si le lac du Drennec est encore ouvert jusqu’au 31 octobre pour les moucheurs exclusivement, il est temps de faire un bilan pour notre domaine de pêche en eaux vives.
D’abord, sans doute le plus important pour la prochaine saison, celle de 2027, notre linéaire a relativement peu souffert et, à deux exceptions près, sauve largement l’essentiel.

Le Haut-Horn (amont de Plouvorn) s’en sort plutôt bien. Bilan plus contrasté pour le Haut-Guillec qui a néanmoins maintenu une lame d’eau passable grâce au Stang. La Haute-Flèche est en situation critique en raison de poĺlutions systémiques liées aux structures agroindustrielles. La Haute-Penzé est en apnée et frise l’assec. Ces deux dernières rivieres sont en situation fortement dégradée (voir notre actu du 19 aout 2026).

L’Elorn et son chevelu ont bien résisté. Les affluents ont connu des assecs confinés à leurs extrêmes-amonts mais le cheptel de truitelles en dévalant a trouvé assez vite des eaux relativement fraîches et courantes.
La rivière principale a bénéficié d’une bonne lame d’eau tout l’été et est demeurée pêchante grâce au soutien d’étiage du lac du Drennec. Les travaux de viabilisation des accès et de consolidation des berges par nos professionnels et nos bénévoles ont gardé le tempo. Notre domaine de pêche se porte bien.

Que ce soit sur les affluents ou sur l’Elorn-même nous n’avons pas subi de mortalité. Ceci alors que les reproductions avaient été excellentes durant les trois précédents hivers.
C’est une bonne nouvelle pour les prochaines saisons même s’il se peut que les truites aient souffert des températures et que le stress ait ralenti leur croissance avec des effets sur le nombre d’œufs pondus et fécondés. C’est une hypothèse et une inconnue que nous ne maîtrisons pas. Toutefois les derniers poissons de la saison étaient tous sans exception en forme olympique. C’est un très bon signe qui permet d’éventer cette inquiétude.

Les mois de mars, avril et mai 2026 ont été excellents avec l’apparition, outre les trichoptères, les plécoptères et l’inévitable cohortes de petits éphéméroptères, de mouches de mai (ephemera danica) dès la fin avril. Les sources étaient alors encore chargées jusqu’à la gueule par les pluies de l’hiver et ont largement soutenu le débit.

De très belles pêches ont été faites depuis Sizun jusqu’à Landerneau avec, il convient de le souligner, une densité croissante de truites de 35cm+.

La première canicule de la fin mai (34° a Landivisiau le 26) n’a pas eu d’incidence fâcheuse. Au contraire. Les coups du soir ont été précoces, longs et intenses sur des poissons tutoyant les 40cm. Les affluents ont aussi donné toute la mesure de leur abondante population. Dès qu’est venu un coup de frais, les truites de l’Elorn et de ses émissaires se sont animées toute la journée.

Le début juin et notamment le coup de pluie des 6 et 7 a déchaîné les truites sur l’ensemble du domaine de pêche. De nouveau les gros poissons étaient de sortie et se sont montrés généreux à la mouche (sèche et nymphe) comme à l’ultra-léger (hameçon simple vivement conseillé).

Ensuite nous sommes entrés en territoire inconnu… Canicules sèches à 35 – 40° mi-juin, juillet, mi-août… 5 au total et une température de l’eau qui est montée a 21.5° au plus chaud de cet été infernal. L’été a été méditerranéen, sans ces semaines pourries, maudites par les touristes, bénies par les pêcheurs et qui font tout le charme de la Bretagne.

Le métabolisme de l’Elorn s’est ralenti mais ne s’est jamais vraiment arrêté. L’activité a été peu intense mais régulière le matin, l’Elorn était somnolente en après-midi, les coups du soir brefs ou inexistants. L’hydrométrie de l’air etait déterminante et elle n’était favorable aux insectes émergents et ailés qu’aux heures les plus fraiches de la journée. Un casse-tête qui était contourné par une nymphe pêchant profond ou encore par des imitations de chenilles ou de coléoptères. En prime-matinée de préférence.

Il fallait en effet parfois abandonner l’entomologie des insectes d’eau au profit de celle des arbres et des graminées des bords de rivière. Chaque truite prise entre la fin juin et la mi-août pouvait être qualifiée d’adroit coup de ligne. La pêche a été difficile mais jamais l’activité ne s’est-elle totalement arrêtée. Peu de truites supérieures à 30cm ont été mises au filet, la classe 23 – 28cm constituant l’essentiel de l’effectif.

A partir de la seconde quinzaine d’août jusque ces derniers jours de la mi-septembre avant la fermeture, la rivière s’est timidement réveillée. Nuits plus longues et plus fraîches, humidité de l’air, température de l’eau à 16 – 17°, éclosions de trichoptères et de petites éphémères à teinte claire en plus des insectes des berges. Deux modestes coups de pluie à 15mm ont remis les truites en poste. Ce n’était pas la frénésie mais les courants étaient de nouveau occupés par des poissons en éveil.

Après le 15 août, les moucheurs ont fait eux aussi leur retour avec un certain succès. Toutefois, contrairement à l’année dernière nous n’avons pas eu cette semaine pluvieuse et libératrice de cet été infernal que nous attendions tous.
Ce n’était pas la folie du printemps mais une activité régulière le matin entre 9 et 13 heures avec des sorties à 5 – 8 truites sur 4 heures et la réapparition de poissons de 30cm+ durant cette derniere semaine avant la fermeture.

Ce fut une fin de saison en pente douce teintée d’inquiétude. Sous quelle forme vont apparaître les pluies de l’hiver ? fortes et soudaines ou progressives et fécondes ? Quand arriveront-elles sachant que le barrage du Drennec commence à connaître un étiage significatif ?
Mais ce fut aussi un redoutable crash-test pour notre domaine de pêche qui s’en sort plutôt bien. L’effectif est intact, la part des poissons de taille supérieure à 35cm est en accroissement, la classe 23 – 30cm est largement représentée, tant dans la rivière principale que dans les affluents, la densité de poissons de 18cm et moins est excellente.

La bonne stratégie pour exploiter au mieux l’Elorn et ses affluents était d’avoir l’œil rivé sur la météo, de consulter notre site internet et… d’acquérir une carte annuelle de l’AAPPMA de l’Elorn pour profiter sans hésiter des conditions qui pouvaient ponctuellement survenir : coup de pluie, temps plus frais. Bref pouvoir réagir rapidement et opportunément à une saison qui a été tout sauf régulière mais souvent très gratifiante lorsque les conditions étaient favorables.

La saison 2027 entre maintenant en gestation et, une pluie régulière aidant, elle s’annonce plutôt bien.

En attendant les moucheurs vont se retrouver entre eux sur le lac du Drennec pour l’arrivée de l’automne et ceci depuis le 21 septembre jusqu’au 31 octobre.
Les Cannes de 9 pieds soie de 8 vont remplacer les 8 pieds soie de 4. Un autre style de pêche mais un même rapport intime à la beauté d’une nature qui se préparera pour l’hiver.

(Images : Eddy, Ewan, Franck, Lionel, Nicolas, Renaud, Sébastien)