Eté – automne 2026 : vers une ressource sous extrême tension.

Dans le prolongement de la dernière actualité du 29 juin, voici un tour d’horizon des conséquences pour l’été et l’automne à venir sur le bassin de l’Elorn, suite aux deux dernières épisodes caniculaires précoces.

Quelques rappels afin de bien fixer les enjeux. l’Elorn approvisionne plus de 300.000 consommateurs à partir de la station de pompage et de traitement des eaux de Pont Ar Bled, sans compter le transfert depuis la station de Goas Moal, implantée en amont de Landivisiau.

Cette station de prélèvement alimente le Haut Léon en remplacement du pompage de L’Horn « nitratée », abandonné depuis bientôt 20 ans, mais également pour palier en période de crise à la faiblesse des débits des bassins côtiers de ce territoire.

Grâce au soutien d’étiage du lac du Drennec notre rivière reste à l’abri d’une baisse dramatique de son débit sur l’essentiel de son cours, à savoir le tronçon lac du Drennec – Pont Ar bled soit pratiquement 40 km de linéaire. Il n’en sera hélas pas de même sur le (petit) tronçon Pont ar Bled – Landerneau, en amont immédiat de l’estuaire. En effet, l’augmentation désormais inévitable des prélèvements tant à Goas Moal qu’à Pont Ar Bled va contraindre l’administration à activer la dérogation concernant le DBM (Débit Minimum Biologique) en aval de cette station. (800 litres/seconde).



Comme en 2023, la population piscicole risque donc de souffrir sur ce parcours d’un peu plus d’un kilomètre d’autant que les températures de plus de 23° ont déjà été ponctuellement relevées le 26 mai avec quelques salmonidés en difficulté. La remontée estivale de castillons, dont le pic se situe généralement avec la grande marée de mi-juillet, pourrait donc être perturbée jusqu’aux prochaines précipitations.

L’augmentation des prélèvements dans la rivière est en effet désormais inévitable lorsque les pompages privés qui alimentent les gros élevages, notamment porcins, sont à sec. A force de tirer sur la ressource – ce Bien Commun de la Nation -, celle-ci s’épuise surtout que l’importance de ces prélèvements est inconnue et souvent non – déclarée. Ces derniers représentent des dizaines de milliers d’animaux sur notre bassin et leur approvisionnement en eau va basculer sur le réseau public.

A l’échelle régionale se sont donc plusieurs centaines de milliers d’animaux qui vont se retrouver directement en concurrence avec la satisfaction des besoins de la population. Ceci en pleine période d’affluence touristique et avec des températures qui pourraient être méditerranéennes des semaines durant. Cherchez l’erreur !

Si la pratique de la pêche sur notre rivière et la survie des poissons ne sont pas menacées sur l’essentiel de son parcours, la situation sera par contre très tendue sur les affluents, notamment ceux de la rive gauche à régime semi torrentiel (le Saint-Jean, le ruisseau de Loguy, le Morbic…) lesquels risquent bien de se retrouver asséchés !

Soyons en outre conscients que dans une telle situation le moindre rejet polluant accidentel se traduira par une hécatombe piscicole. Il en va de même en cas d’orages violents (coulées de boues).

Cerise sur le gâteau, la bêtise humaine n’ayant aucune limite, il se trouvera bien évidemment une minorité de malfaisants, pourtant bien connus, que personne ne semble capable de mettre hors de nuire, pour profiter de la situation en harcelant par tous les moyens les derniers migrateurs.

Point sur les migrations : une année sous double contrainte.

On rappellera en remarque liminaire que l’Elorn bénéficie, grâce à la trappe de comptage de Kerhamon, d’un outil exceptionnel de comptabilité des remontées de poissons migrateurs dans l’Elorn. Suivi scientifiquement et géré par notre association et par la Fédération de pêche du Finistère, situé en amont de Landerneau, la cellule photoélectrique déclenche une prise de vue à chaque passage.

Avec déjà deux vagues de chaleur extrême en mai puis en juin, le profil des remontées de poissons migrateurs dans l’Elorn offre une physionomie atypique. Les chiffres sont moins bons pour deux espèces (alose et truite de mer) la situation, déjà catastrophique comme partout ailleurs, est aggravée par le braconnage pour la troisième et la plus symbolique : le saumon.

Avec 175 spécimens contre 235 à la même date, la migration des aloses est moins forte cette année. Toutefois cette espèce, qui était totalement absente voici une trentaine d’années, connaît des variations importantes d’effectifs qui n’ont pas été explorées scientifiquement. En outre une partie significative de l’effectif se reproduit en aval de Kerhamon et échappe aux statistiques.

En cette fin juin la migration qui avait commencé à la mi-avril se termine. Elle a connu deux pics de remontée. 60 individus dans la semaine du 30 avril au 6 mai, 65 de plus dans la quinzaine du 14 au 27 mai. Deux périodes qui correspondent à des périodes pluvieuses.

La truite de mer elle aussi connaît une baisse significative de ses remontées avec 33 spécimens au 24 juin contre 65 à la même époque. Toutefois ce poisson apparaît généralement au cours de la seconde quinzaine de mai, est très sensible aux stimulis hydrologiques. Il reste divaguer et se nourrir en rade en attendant des conditions plus favorables. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les conditions, depuis la mi-mai, n’ont pas été favorables aux remontées. Les données ne sont donc pas significatives.

Reste le saumon. Nous n’attendions pas de miracle… il n’y en a pas eu. Voici une trentaine d’années ont comptait quelques centaines de grands saumons de printemps sur l’Elorn. Cette année on atteint péniblement la vingtaine. Les remontées de castillons, les saumons d’été plus petits, sont sur une même pente de danger critique d’extinction. C’est la raison pour laquelle l’espèce est désormais protégée et que la pêche en est interdite.

La pêche en est interdite mais celà n’empêche pas le braconnage par une bande de délinquants locaux, nuisibles et sans scrupules.
Leur méthode est simple. A deux ou trois ils profitent des eaux basses pour repérer les rares saumons réfugiés dans les pools. Une fois logés ils les grappinent au moyen d’un gros hameçon triple de 3/0 lesté d’un plomb olive. Le forfait accompli, ils appellent un complice pour que leur victime soit enfournée dans le coffre d’une voiture. Si le saumon réussit à s’échapper, il est clair qu’avec les blessures occasionnées il ne passera pas l’été. Depuis deux mois 10 à 20% (3 à 4 sujets) du maigre effectif de saumon de printemps à ainsi disparu, non-comptés les poissons blessés.

Ces idiots ne valent pas mieux que ces ultrariches qui payent en dizaines de milliers de dollars le privilège de tirer un rhinocéros. Que ce soit en Afrique ou en Bretagne, la délinquance écologique n’a pas de frontières.

Changement climatique : une absence d’écologie violemment punitive.

Ça y est. On y est. Hélas.

La seconde vague de chaleur que nous redoutions après celle de mai (voir notre actualité du 31 mai) a tout renversé sur son passage.

Les premières victimes ont été les climatosceptiques de tout poil qui considéraient que ces vagues de chaleur n’étaient que des aléas malheureux se produisant selon un cycle régulier. Ils ont été renvoyés à leur statut d’ânes batés et de crétins dangereux.

Les secondes victimes sont ceux qui sur ce sujet comme sur d’autres clâment « qu’il faut donner le temps au temps » et que la profession va s’adapter. Ils oublient simplement qu’on ne négocie pas avec le climat et que la catastrophe qui s’annonce avait été parfaitement anticipée par les scientifiques et par ceux qui considèrent que défendre la planète et la rivière doit être un objectif à l’action publique et privée. Et pourtant rien n’a bougé.

Le climat s’est emballé encore plus tôt que prévu.

En cette fin juin tous les tristes records de chaleur diurnes et nocturnes sont tombés. Mais traditionnellement ce sont les mois de juillet et d’août qui sont les plus chauds et secs. C’est avec une réelle angoisse que se profile l’été sur des écosystèmes qui sont déjà à bout se souffle. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines car le stock de chaleur capitalisé par l’océan devra bien être restitué sous une forme différente au cours de l’été puis à partir de septembre : pluviométrie exceptionnelle et concentrée sur quelques quarts d’heure, orages phénoménaux.

La situation actuelle est celle qui avait été envisagée dans le scénario le plus pessimiste en 2050. C’est dire la gravité de la situation.

Un mode de développement totalement inadapté.

Le nouveau paradigme climatique rebat toutes les cartes et repose totalement la question de l’adaptabilité notre modèle de développement.

. La concentration de la production animale en fermes-usines ultra intensives fortement consommatrices d’eau et d’énergie est spectaculairement vulnérable à un climat chaud et sec. Outre une mortalité dans les élevages, la production animale ne tardera pas à se trouver en compétition avec les besoins de la population. C’est un phénomène qui pourrait survenir au cours de ces prochaines semaines.

. La déstructuration des maillages bocagers est tout aussi spectaculairement aggravante pour les épisodes orageux intenses qui accompagnent ces vagues de chaleur. Les rivières se transforment en fleuves de boue balayant tout sur leur passage.

. Les flux de matières organiques issues des épandages et les molécules chimiques pour le traitement des cultures ont leurs effets démultipliés par eaux chaudes et basses. Absorption de l’oxygène dissous et toxicité chimique pour les poissons, difficulté à abattre les taux de polluants moléculaires pour l’eau potable.

Quelle contribution pour notre association ?

Et maintenant ? Comment l’AAPPMA de l’Elorn, une organisation de plusieurs centaines sociétaires, profondément en prise sur son territoire, peut-elle s’inscrire dans le débat citoyen et dans l’action ?

Elle le fait déjà depuis longtemps au moyen d’une défense opiniâtre de la qualité des eaux et des poissons par un recours aux tribunaux chaque fois que s’exprime un cas de délinquance écologique : pollution, braconnage, altération des écosystèmes.

Elle le fait également en tirant la sonnette d’alarme lorsque le bon sens fait défaut et risque de se payer très cher. La construction d’une ferme-usine et d’un méthaniseur en amont du lac du Drennec, même si l’équipement toutes les autorisations nécessaires, est lourde de menaces en cas de problème technique. Installer un tel équipement sur un site tel que l’amont d’une réserve – fontaine pour plus de 300.000 habitants finistériens est une faute majeure en termes d’aménagement du territoire et de sécurisation de la ressource. Des craintes avivées dès janvier 2023 avec l’accumulation de déchets organiques à proximité immédiate du ruisseau du Mougau, bloqués opportunément par un talus bloquant l’écoulement vers le lac. Une affaire qui passera devant les tribunaux en octobre prochain.

Elle le fait par sa connaissance intime et quotidienne du domaine dont elle a la charge, constatant les effets favorables ou délétères de types de gestion du territoire, ayant accumulé à travers sa pratique une masse considérable de connaissances. Une illustration du concept de sciences citoyennes.

Elle le fait par le constant travail de gestion et d’observation au plus près fourni tant par les bénévoles que par la toute petite équipe de professionnels. Gestion des berges et de la ripisylve du cours principal et des affluents, protection des zones humides, limitation des espèces invasives, gestion d’une structure de production de salmonidés de souche sauvage… Ceci depuis plus d’un demi- siècle. Qui dit mieux ?

Elle le fait enfin en produisant du bonheur, de l’émotion et de la cohésion sociale. Et ce n’est pas la moindre de ses fonctions. Les opinions de ses membres peuvent diverger sur bien des sujets et sont le reflet de la diversité de la population bretonne, mais ce qui les lie, à travers la pêche, c’est bien cet engagement pour que le domaine dont elle a la charge soit le plus résilient possible au grand changement qui est désormais là.

Engager la question de l’adaptation.

Il est arrivé que nos actions – et notamment notre condamnation des atteintes a l’environnement de toutes sortes – soient classées dans la catégorie réductrice de  » l’écologie punitive « . Mais convenons qu’avec 40° à Landerneau où à Sizun, la vraie punition, extrêmement violente de surcroît, c’est bien l’absence de prise en compte des effets délétères de notre type de développement qui nous mène à la catastrophe.

A notre échelle nous avons devant nous l’immense chantier de l’adaptation à ces nouvelles conditions. Et sous cet angle, tout reste à faire et nous ne pourrons pas le faire seuls.

Il faudra bien que tous se mettent autour de la table. C’est maintenant ni plus ni moins qu’une affaire de Salut Public.

Penaos eo ? début juin sur l’Elorn.

Comment est-ce sur l’Elorn en ce moment ?

Eh bien depuis début juin… on ne se plaint pas. Le coup de pluie du week-end des 6 – 7 juin a déchaîné les truites et les samedi – dimanche – lundi ont été assez extraordinaires sur l’ensemble de notre domaine de pêche.

Les mouches de mai, présentes depuis fin avril – début mai étaient de nouveau au rendez-vous renforcées il est vrai par une bonne population de trichoptères mais également les derniers perlidés du printemps et évidemment de cortège de petits éphéméroptères qui apparaissent dès 10 heures du matin.

L’ensemble de la rivière est actuellement au mieux de sa forme et tous les secteurs – basse, moyenne et haute Elorn – offrent une pêche de grande qualité. Le parcours mouche a tenu toutes ses promesses. L’activité commence dès 10 heures pour se stabiliser à un niveau constant mais peu intensif jusque 16h00. A partir de 16h00 jusque 20h00 l’activité est soutenue puis vient le point de bascule de 20h00 – 20h30.

De deux choses l’une. Si le temps est frais venteux et couvert, l’activité se calme et le coup du soir est faible à médiocre après une fin de l’après-midi souvent excellente.

Si le temps est au beau – ce qui est annoncé pour ces prochains jours – alors commencent deux heures au cours desquelles pas un instant n’est à perdre et où il vaut mieux vérifier que le bas de ligne n’a pas été affaibli par des accrochages dans la végétation. Les grosses truites – les 40 cm et plus – seront alors de sortie.

Au cours de ces derniers jours, notamment juste après le coup de pluie du week-end, la nymphe a pris le pas sur la mouche sèche. Les truites montaient assez peu mais se gavaient sous la surface.

Nous allons aborder une longue fenêtre météo chaude et sèche annoncée jusqu’à la fin du mois. Pas d’inquiétude pour la rivière principale qui est approvisionnée par le lac du Drennec mais les affluents devront être gardés à l’oeil.

Dans tous les cas de figure nous sommes au cœur de la saison haute pour la pêche à la mouche sur le domaine de pêche de notre association et nous sommes particulièrement heureux d’accueillir de proposer une rivière gérée au plus près et des poissons qui, nous l’observons, ont tendance à gagner en taille depuis quelques années.

D’ailleurs on est tellement satisfaits qu’ils sont immédiatement relâchés !

(Images Emma, Ewan, Lionel)

Technique de restauration de berges : un chantier après les crues de l’hiver 2025 – 2026.

Mobilisation d’une brigade d’une quinzaine de sociétaires de notre association afin de restaurer une grosse soixantaine de mètres de rives en amont de la Roche – Maurice ce samedi 13 juin et application d’une méthode désormais bien rodée.

L’idée étant de regagner de la berge et de resserrer le lit mineur de la rivière qui avait un peu trop pris ses aises mais aussi de créer une bonne variété d’habitats pour la multiplicité des insectes, batraciens, poissons et mammifères qui composent la richesse de l’Elorn.

La technique éprouvée se déroule en plusieurs temps. D’abord nos professionnels, Nicolas et Alain sont venus quelques jours plus tôt préparer le chantier.

Ils se sont chargés de l’implantation de piquets en châtaigniers, bois non-putrescible, et de la disposition de travées issues des arbres débités sur site (cette fois c’était du saule) et disposées tant de manière parallèle que perpendiculaire au courant.

Leur travail consiste donc à faire le gros œuvre et à préparer les tâches fastidieuses pour une équipe (très) réduite et fortement consommatrices de main-d’oeuvre. C’est à ce stade qu’intervient la brigade et sa puissance de mobilisation.

Dans un second temps, la berge est décapée de manière à éviter une rupture de niveau abrupte mais au contraire façonner une courbe de niveau qui s’abaisse progressivement de manière à ce que la pression du courant glisse sur la surface ainsi créée et ne trouve par de pans verticaux de berge à éroder.

L’hydrodynamique ne trouve donc pas d’opposition et le gonflement de la rivière par les crues ne trouve plus de berge à saper.

La terre est donc répartie sur une épaisseur de 15 à 30cm sur l’ensemble de la surface ainsi créée et qui va servir de support à la reconquête par la végétation.

Un processus qui peut se faire naturellement ou par l’implantation de graines de fétuque aux racines plus profondes et plus fixantes.

Dans tous les cas, la nature limoneuse et extrêmement fertile du sol ainsi recréé combinée à la proximité du cours d’eau qui apporte de l’humidité chaque nuit favorise naturellement une reconquête rapide par le végétal. Autre avantage, rats musqués et autres ragondins trouvent porte close : impossible de creuser des galeries et de miner les berges sur ce type de profil renforcé de surcroit par des souches enterrées… mauvaise surprise.

Une attention particulière est accordée aux zones de contact entre l’eau et la berge.

Les rondins de bois sont laissés libres de terre et permettent la fixation des insectes (larves de phryganes – porte-bois – larves d’éphémères)…

… la création de caches mouillées (vairons, truitelles, chabots, loches, larves de vase…) et humides (crapauds, micromammifères…) permettant une grande diversité des habitats.

Dans quelques mois puis dans quelques années la berge, après s’être stabilisée, après avoir résisté aux crues et s’être rechargée en limons va progressivement changer d’aspect et gagner en résistance et en épaisseur (site sur la moyenne Elorn).

Si on se penche plus en détails sur les effets sur la microfaune de la rivière, l’hydrodynamique des crues complexifiera les berges et permettra la création de milieux diversifiés, protégés et riches.

A terme, les réseaux racinaires vont emprisonner les grumes et bénéficier du carbone et les autres nutriments organiques dégagés par les troncs en décomposition.

Et puis, le beau temps aidant, ces chantiers sont moment pour se retrouver au bord de l’Elorn pour un barbecue à l’ombre des frênes, des chênes et des saules qui bordent la rivière et y guetter les gobages.

Un excellent samedi matin pour débuter le week-end sous le signe de la biodiversité, de l’amitié et des belles séances futures de pêche sur notre rivière.

Vie citoyenne : Rennes le 7 juin, c’était the place to be !

Rennes était en effet l’endroit où il fallait être ce dimanche 7 juin 2026 pour la défense de la qualité de l’eau, de notre qualité de vie et de notre ruralité. Pour l’AAPPMA de l’Elorn, c’était le cas hier, ça l’est aujourd’hui, ça le sera demain.

Hier parce que cela fait très longtemps que les sociétaires de l’Association Agréée de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques (AAPPMA) de l’Elorn s’efforcent de préserver, à travers l’accueil raisonné des pêcheurs et l’entretien de leur domaine de pêche, un environnement sain et pérenne.

Aujourd’hui car il est dans nos statuts et notre vocation de réagir devant les tribunaux à chaque atteinte à l’environnement et à la qualité de l’eau à travers un rappel au respect de l’Etat de Droit et à l’exigence républicaine de sa pleine application. Nous jugeons indigne la situation de déni démocratique provoquée par le refus des syndicats agricoles majoritaire de protéger les périmètres de captages gérés par le SAGE Vilaine (moins de 3% des surfaces).

Demain parce que des nouvelles extrêmement inquiétantes sont parues dans le média en ligne Splann ( https://splann.org/declassement-nitrates-monts-darree/) sur un déclassement des communes du château d’eau de la Bretagne afin de permettre l’épandage d’excréments sur une zone préservée. Nous reviendrons prochainement sur ce sujet gravissime qui mérite une actu spécifique.

Ce dimanche 7 juin, notre association était particulièrement heureuse que sa délégation soit noyée dans un flux de plus de 4.000 personnes.

Elle était ravie de voir que nos amis paysans de la Confédération Paysanne étaient venus en force (une cinquantaine de tracteurs) et avec la proposition d’un vrai projet pour l’agriculture, la ruralité et des campagnes vivantes.

Ils étaient là pour défendre en peu de mots redoutablement efficaces un modèle basé sur l’agronomie, la conservation des sols et des modes d’exploitation durables. Une agriculture du territoire que nous appelons de nos vœux.

Notre association était ravie du nombre de familles avec enfants qui avaient fait le déplacement car finalement défendre la qualité de l’eau c’est à la fois œuvrer pour maintenir un haut niveau de pratique halieutique, faire preuve de solidarité avec les consommateurs de l’eau de la Vilaine comme de l’Elorn et défendre le droit des générations futures à bénéficier d’une bonne qualité de vie.

Elle était ravie enfin de voir la société civile réagir et prendre en main ses affaires de manière massive, pacifique et déterminée.

Oui, c’était vraiment un beau dimanche de fin de printemps et nous serons toujours là pour défendre notre droit inaliénable et reconnu dans le corpus institutionnel français et européen à un environnement de qualité.

Vie citoyenne : l’AAPPMA de l’Elorn sera à Rennes pour la défense de la qualité de l’eau le dimanche 7 juin.

L’AAPPMA de l’Elorn sera le dimanche 7 juin à la manifestation nationale pour la défense de la qualité de l’eau et pour soutenir les populations de l’Est de la Bretagne qui puisent leur eau dans la Vilaine.

Depuis des années il est dit et répété de la qualité des eaux gérées par le SAGE Vilaine est de qualité déficiente. Depuis des années les groupes d’intérêt regroupés au sein de la Commission Locale de l’Eau discutent pour que la ressource soit préservée et sa qualité améliorée.

Ils pensaient qu’ils étaient arrivés à un accord acceptable pour tous. C’est du moins ce que laissaient penser les débats. Et puis les lobbies agricoles se sont réveillés et alors que seuls 3% des masses d’eau son considérées comme de qualité satisfaisante en Ille-et-Vilaine, un blocus d’engin agricoles a interdit l’exercice démocratique et nié un Etat de Droit pourtant parfaitement balisé par la Loi sur l’Eau. En cause ? L’interdiction de l’usage de pesticides sur les périmètres de protection de captage soit 2.6% de la surface totale !

Plus que jamais il existe une étroite continuité entre qualité des eaux et santé des populations. Moins que jamais n’accepterons-nous de voir de nouveau reculer la qualité de notre environnement au nom d’un système qui exerce sa violence contre l’environnement, les bêtes et les hommes.

L’AAPPMA de l’Elorn sera donc fièrement représentée à Rennes ce dimanche 7 juin. Sans les cannes mais avec la détermination d’un pêcheur par vent d’Est !

Voir, juger, agir : le Drennec par temps de chien.

« Rrrahhh… trop de vent. j’peux pas lancer. Il n’y a rien à faire !« … bon nombre de pêcheurs se sont faits cette réflexion après s’être échinés à lutter contre le vent cette semaine. 

D’autres se sont mis vent dans le dos à l’abri des boisements et ont éructé une autre variante  » Rrrahhh… trop de vent… elles ont le bec cloué, elles sont pas là, il n’y a rien à faire« .

Et puis d’autres encore, plus rares il est vrai, ont pris le temps voir. Suivre des yeux le cheminement des vagues et constater qu’elles poussent les débris végétaux vers des culs de sacs où elles se concentrent contre la berge. Observer le vol des hirondelles et constater leur brusque changement de direction pour attraper au vol un insecte bousculé par la bourrasque au raz de l’eau. 

Ils ont aussi jugé que si débris et insectes se concentraient sur ces endroits spécifiques alors sous la surface il devait se passer bien des choses à condition de se livrer à une patiente prospection pour trouver la bonne ligne de vent. 

Car on vous l’a dit et redit, même si le lac du Drennec est ré-empoissonné par des truites arc-en-ciel, la nature particulière de ce plan d’eau les ensauvage rapidement et leur fait oublier leurs bassins de naissance.

Enfin ils en ont tiré toutes les conclusions utiles pour agir efficacement. Et le succès est venu avec de petites nymphes noires et suffisamment plombées pour peigner une profondeur d’un mètre environ.

Après une patiente prospection le succès est venu et laissons Franck Ripault conclure sa journée : 

« Aujourd’hui donc (mercredi 3 juin), j’ai ratissé les anses sans succès, eau trop chaude. J’ai choisi les endroits où le tombant était proche avec présence de vagues et d’une belle ligne de vent (présence de débris de végétaux, un bon indicateur pour trouver les poissons qui se gavent d’insectes noyés). Les rafales plaquaient des abeilles, présence d’olives. Les poissons se trouvaient à 10 mètres du bord. J’utilisais de petites nymphes noires, soie tricotées. Touches ultra violentes sous un mètre de la surface. 10 truites en une heure. J’ai quand même dû patienter 4 h avant de comprendre la dynamique du jour du lac et la mouche adéquate et puis il y a eu un coup de chance... ».

Un coup de chance ? Pas sûr… En mouche d’estuaire pour le bar comme sur le lac du Drennec pour la truite, la Ripault’s Touch se base sur cette devise que beaucoup de gens connaissent en Bretagne. 

Voir et s’immerger dans le milieu. Juger et tirer les bonnes conclusions. Agir et trouver la bonne solution.

(Merci à Franck & Ewan pour leurs photos)

Le coup de frais sur l’Elorn n’a pas coupé l’appétit !

En moins d’une semaine la situation météorologique a radicalement changé passant de 34 à 15°. Le flux océanique est revenu en force avec vents de Nord-Ouest bien soutenus et une quinzaine de millimètres de pluie. La nature a enfin pu respirer.

Les conditions ont donc radicalement changé sur deux critères fondamentaux pour la pêche sur l’Elorn.

. D’une part l’importance des sols encore presque nus (cultures de pommes de terre et de maïs) sur la partie Nord de la basse-Elorn a teinté les eaux par ruissellement. La déstructuration du maillage bocager à occasionné des ravinements et les eaux, deux jours durant, sont restées brunes de la terre emportée par une pluviométrie qui n’était pourtant pas exceptionnelle. Un orage aurait été catastrophique.
En revanche sur la partie à amont de Landivisiau les eaux étaient bien moins teintées voire encore bien claires à l’amont de Sizun. C’est la qu’il fallait être.

. D’autre part les truites se sont remise en rythme  » printanier – perturbé et instable « . Des coups du soirs discrets à inexistants, une activité régulière et peu dense en journée, une accélération de l’activité en fin d’après-midi, vers 16h30 – 17h00, et ce jusque 20h00 environ.

En somme durant cette première semaine de juin, fraîche venteuse et humide, la bonne martingale était idéalement d’être à l’amont ou à l’aval de Sizun sur le coup de 17h00 pour une séance de 3 heures de pêche environ.
L’autre conclusion est qu’il y a sur l’Elorn toujours des parcours où il est possible de (bien) tirer son épingle du jeu.

Mais ces moments plus calmes sont aussi l’occasion de se livrer à une activité plus contemplative et de s’immerger dans la beauté de la nature qui est entrée dans sa période la plus luxuriante de couleurs, de tonalités, de senteurs et de vie.
C’est aussi celà la pêche sur l’Elorn.

La mouche en float-tube sur le lac du Drennec, une innovation de la saison 2026.

Depuis la saison 2026 la pêche à la mouche en float-tube est permise sur le lac du Drennec !

Cela faisait quelques temps que l’association y pensait pour mieux valoriser un espace de pêche sans pareil pour les salmonidés. Une innovation progressive et étroitement balisée pour conserver la qualité halieutique du lac.

Un domaine de pêche borné par des bouées jaunes qui interdisent l’approche de la tulipe qui fait s’échapper l’eau, des règles de bonne cohabitation avec les pêcheurs du rivage.

Enfin, seule la pêche à la mouche st autorisée. Le leurre, le jig et les appâts naturels sont strictement interdits, ceci afin de protéger la population de truites fario qui se maintient vaille que vaille.

Déjà des éclaireurs (merci Jérôme) ont commencé à trouver leurs marques et les résultats ont été bons, du moins jusqu’au 20 mai et l’arrivée de la canicule.

Plusieurs techniques ont été explorées. L’ensemble de la palette a donné des résultats satisfaisants. Streamer mais aussi mouche de surface statique ou émergente animée.

Outre le float-tube (dispositif gonflable, pantalon étanche ou non, palmes) les cannes sont similaires à celles qui sont utilisées du bord avec peut-être plus de marges de manœuvre quant à la longueur et à la force. Une 10 pieds soie de 7 pour le streamer, une 9 pieds soie de 5 pour la sèche ou la nymphe animée. Ce second gabarit est une canne de rivière qui serait sous-cotée pour une pêche du bord. Mais, en float-tube, les conditions changent et il n’est pas nécessaire d’avoir une soie lourde et de pratiquer la double traction pour arriver à portée de tir des poisson en activité. Une approche silencieuse et un positionnement vent dans le dos permet de faire des lancers parfaitement efficaces… y compris avec une canne de rivière.

Que mettre au bout de la ligne ? Les streamer imitant des petits poissons bien sûr. Pour le reste tout est affaire d’observation et de coup de patte pour concevoir la bonne imitations. A la mi-mai les petits coléoptères qui avaient donné du fil à retordre au rassemblement de l’ABPM étaient au menu des truites du lac et ont permis une pêche assez somptueuse aux float-tubers.

Et sur une canne de 9 pieds taillée pour la rivière, tenir une truite arc-en-ciel de 3 à 4 livres qui va adopter une défense tridimensionnelle (avant – arrière, gauche – droite mais également surface – fond) c’est un vrai sport !

Reste à savoir quelles vont être les conséquences de la canicule de fin mai sur la pêche en lac. Les eaux de surface sont à 23°, des conditions que là encore nous n’avions jamais rencontrées dès le mois de mai. Mais avec un temps plus frais en perspective, l’air ambiant devrait à nouveau passer sous les moyennes de saison au cours de ces prochains jours. Et les eaux superficielles du Drennec revenir progressivement à des normes plus pêchantes.

En lac comme en rivière, nous ferons le point au cours de ces prochains jours.