Un début avril en fanfare !

A vrai dire, cette année il a fallu être un peu patient. Une ouverture un peu paresseuse tant en lac qu’en rivière. Des eaux hautes et froides et un vilain petit vent de Nord – Nord-Est qui a tenu quelques jours et a calé les truites au fond.

Et puis comme il fallait s’y attendre dès que les températures ont pris l’ascenseur l’ensemble de notre domaine de pêche – lac du Drennec, rivière principale, affluents – s’est réveillé. Des températures anormalement chaudes à partir du 4 avril avec des pointes à 26° les 4, 5, 6 et 7 avril. Très inquiétant pour les observateurs attentifs du climat mais tout aussi motivant pour les insectes qui sont apparus en masse. Et les truites ont suivi.

Côté lac tout d’abord outre cette belle arc prise au petit matin, le cortège des insectes d’eau est apparu avec une densité qui n’avait pas été observée depuis quelques années a mis le poisson à table. Des olives en journée provoquant des gobages spectaculaires et sonores, des chironomes plus discrets en fin de journée, avec l’inévitable présence de petits nuages de sialis très difficiles à imiter tant leur taille est réduite. Les truites étaient en activité.

De belles séances avec des moyennes qui sont passées de 5 à 6 poissons dans l’après-midi à une vingtaine. Bref, le beau temps a mis les truites à table et la saison est vraiment lancée.

Coté rivière, la satisfaction de tomber sur de très beaux poissons selon un rythme régulier à partir de 10h30 – 11h00 au fur et à mesure que se dissipait la fraîcheur de la nuit. Si les affluents – Dour Kamm, Quillivaron, Stain, Penguilly… – s’étaient réveillés dès le 20 – 25 mars, le cours principal depuis Landerneau jusqu’à l’amont de Sizun a emboité le pas une semaine plus tard avec quelques spécimens exceptionnels retournés en parfaite santé dans leur élément.

Toutes les techniques de la mouche fouettée ont été efficaces selon l’heure de la journée et l’inspiration du pêcheur. Noyée plutôt le matin, sèche aux heures les plus chaudes, nymphe en fin de matinée jusqu’au seuil de la soirée. Noter qu’il est encore trop tôt pour observer des coups du soir. Il faudra encore patienter un mois.. Peut-être moins si un temps tiède s’installe durablement.

Redécouvrir la mouche noyée : l’expérience d’un sage, Paul Troël

La pratique de la mouche noyée a longtemps été, en Bretagne de l’Ouest, une pêche de paysan. Des mouches simples, une action de pêche basée sur l’observation et une pratique qui débutait dès l’ouverture, en février jusque dans les années 1970. Mais c’est dès le mois d’avril que cette pêche avec lancer vers l’aval, donne son plein rendement. Et contrairement aux idées reçues, elle peut être pratiquée toute l’année pour peu que les herbiers ne l’autorisent… raison de plus pour s’y intéresser car elle marche très bien sur l’Elorn !

Paul Troël, moucheur, écrivain et illustrateur émérite nous a confié cette présentation. Texte et illustrations.

Mes noyées sur l’Elorn

Pendant mes 60 ans de pêcheur à la mouche, j’ai beaucoup pêché le haut-Blavet, le Trieux, puis l’Elorn à la mouche noyée, comme me l’avait appris les anciens et cela dès l’ouverture (alors en février, il y a une cinquantaine d’années, puis en mars). J’utilisais alors les mouches de mes “professeurs”, qui ressemblaient à tout …sauf à des mouches, mais elles étaient efficaces.

Au début des année 1990, mes réflexions m’ont amené à concevoir d’autres modèles basés sur mon expérience, qui m’ont démontré une meilleure efficacité. A partir de là, je n’ai plus guère utilisé que trois de ces nouveaux modèles: une mouche brune (1. sur la fig.) cerclée ou non de jaune ou d’or (50% de mes captures), une mouche avec un thorax en poil de lapin et une queue en laine tango (2. sur la fig.) et une mouche de couleur olive (3. sur la fig.), plus ou moins claire (soie floche Marabou). Ces mouches se distinguaient surtout par l’utilisation d’hameçons très fins, à hampe longue, taille N° 12. Le corps ne dépassait pas la moitié de la hampe (comme ceux du fameux pêcheur écossais W. C. Stewart) et par deux couches d’enroulement de fil de cuivre de diamètre 0,2 mm, la première couche de 24 tours et la seconde (pour former le thorax) de 8 tours (voir fig.), afin de lester légèrement l’ensemble.

Je pense que la principale qualité de ce montage avec hameçon à hampe longue a été de diminuer le nombre de ratés au ferrage.

La mouche marron, presque toujours en pointe, évoque nos larves de Baetis rhodani (ouvernus) présentes toute l’année et surtout en début de saison lorsque la truite n’a pas un grand choix d’insectes. La mouche à queue tango et thorax en poil de lapin ou de lièvre, inspirée d’une mouche Ragot, évoquerait, à mon avis, une pupe de trichoptère. Plus haut sur mon bas de ligne, une mouche olive imitant des larves de Baetis ou de Serratella ignita. L’ordre des mouches pouvait être inversé sur la ligne en fonction de l’activité des truites. J’ai utilisé ces mouches pendant trente ans sur l’Elorn. Sur le Trieux, j’utilisais en plus une imitation de Cul-Vert (Brachycentrus subnubilus), trichoptère absent sur l’Elorn et le Blavet. Sur cette rivière du Kreizh-Breizh, une mouche à corps en herl de paon à queue rouge semblait plaire aux truites. Je ne l’ai guère utilisée ailleurs.

Pour le bas de ligne, jai testé de nombreux fils, mais je n’ai rien trouvé d’équivalent au Maxima qui offrait notamment une meilleure raideur pour la conduite des mouches, évitant, de ce fait, les perruques au lancer et l’enroulement des potences autour de la ligne. Pour les potences, leur longueur pourrait sembler courte à certains (de 3 à 7 cm, ces 7 cm à la première utilisation du bas de ligne permettant ensuite le changement de mouche), mais utiliser du 17/100è ne me permettait pas d’aller au-delà. Je possédais des cannes de 9’, 10’, mais sur l’Elorn je n’ai guère pêché qu’avec ma 8’5’’, voire une 7’5’’ sur le cours supérieur, ce qui ne me posait pas de problème, avec, autre élément important, une soie la plus légère possible. Et comme disait un de mes anciens profs : Il y aurait encore beaucoup de choses à dire à ça, mais puisque c’est comme ça, laissons ça comme ça…Paul Troël

Saison 2026, c’est parti !

Top départ de la saison 2026 ces 14 et 1( mars. Temps clément après un hiver qui a largement chargé les nappes et souvent mis les rivières de notre domaine de pêche à raz bord dès le mois d’octobre. De bonnes conditions hivernales d’accès aux frayères pour la 4ème année consécutive qui augurent bien de la densité de truites pour ces prochaines années. Heureusement une période plus sèche a précédé l’ouverture et les conditions d’accès étaient optimales.

Dès le samedi à l’aube 80 pêcheurs se pressaient sur les berges d’un lac du Drennec chargé jusqu’à la gueule avec un niveau d’eau rarement vu. Du poisson aux premières heures du jour pour récompenser les lève-tôt, une activité plus irrégulière par la suite. De nouveau un petit pic d’activité en début de soirée puis le calme aux derniers quarts d’heure du jour. Un même scénario le lendemain sans doute dû à une température très fraîche (1° au lever du jour) qui a découragé les éclosions. Une grosse majorité d’Arcs et parfois quelques Farios.

Scénario différent en rivière avec toutefois là aussi une fréquentation soutenue sur les cours moyen et supérieur de l’Elorn surtout à partir de la seconde moitié de la matinée, vers 10h30 avec, le samedi, l’arrivée du soleil. Bonne inspiration car dès que l’atmosphère s’est réchauffée la truite fario s’est mise en poste avec une activité à la fois régulière et vigoureuse. Le dimanche de mêmes conditions se sont reproduites avec beaucoup de poissons en activité pour celles et ceux qui avaient pris le chemin des affluents : Penguily, Quillivaron, Dour Kamm, Stain… Une mention spéciale pour les après-midis des samedi et dimanche pour la pratique de la pêche à la noyée et à la nymphe. Le poisson était réactif.

Cette année encore la grande diversité de nos parcours de pêche aura permis une large variété des techniques et des plaisirs. Lac, rivière principale, affluents, mouche de lac, nymphe, noyée, cuillère, poisson nageur (nous recommandons vivement de n’utiliser d’un hameçon simple pour ces deux méthodes), leurre souple, toc (avec un hameçon surdimensionné).

Grosse affluence à notre Assemblée Générale

Pas moins de 120 personnes étaient présentes pour notre assemblée générale annuelle ce dimanche 8 mars, salle du plateau à la Martyre.

Une réunion annuelle qui était réglée comme du papier à musique. Partie statutaire présentant le rapport d’activités et le rapport finanacier 2025, perspectives pour 2026, partage de la parole entre les différents membres de l’association. Timing respecté.

Mais notre association est fortement en prise sur son territoire et cette réunion annuelle est toujours l’occasion de donner la parole à celles et ceux qui concourent à la gestion des eaux et des paysages de nos domaines de pêche.

. Lénaïg Blandin, maire de la Roche Maurice,

. Henri Billon Président de la Communauté de communes de Landivisiau,

. Phillipe Ribsky et Gwenola Le Menn respectivement directeur et chargée de mission au Syndicat des eaux du bassin de l’Elorn,

. Noémie Saint-Hilary, directrice générale d’Eau du Ponant,

. Pierre Péron, président de la Fédération départementale des AAPPMA du Finistère,

. Benoit Joseph, représentant de la Confédération Paysanne et membre de la CLE de l’Elorn,

. Thierry Chavin, représentant d’Eau et Rivières de Bretagne.

Comme à l’accoutumée, la tombola réservée aux adhérents et le pot de l’amitié ont clôturé cette matinée à la fois studieuse et conviviale.