Penaos eo ? début juin sur l’Elorn.

Comment est-ce sur l’Elorn en ce moment ?

Eh bien depuis début juin… on ne se plaint pas. Le coup de pluie du week-end des 6 – 7 juin a déchaîné les truites et les samedi – dimanche – lundi ont été assez extraordinaires sur l’ensemble de notre domaine de pêche.

Les mouches de mai, présentes depuis fin avril – début mai étaient de nouveau au rendez-vous renforcées il est vrai par une bonne population de trichoptères mais également les derniers perlidés du printemps et évidemment de cortège de petits éphéméroptères qui apparaissent dès 10 heures du matin.

L’ensemble de la rivière est actuellement au mieux de sa forme et tous les secteurs – basse, moyenne et haute Elorn – offrent une pêche de grande qualité. Le parcours mouche a tenu toutes ses promesses. L’activité commence dès 10 heures pour se stabiliser à un niveau constant mais peu intensif jusque 16h00. A partir de 16h00 jusque 20h00 l’activité est soutenue puis vient le point de bascule de 20h00 – 20h30.

De deux choses l’une. Si le temps est frais venteux et couvert, l’activité se calme et le coup du soir est faible à médiocre après une fin de l’après-midi souvent excellente.

Si le temps est au beau – ce qui est annoncé pour ces prochains jours – alors commencent deux heures au cours desquelles pas un instant n’est à perdre et où il vaut mieux vérifier que le bas de ligne n’a pas été affaibli par des accrochages dans la végétation. Les grosses truites – les 40 cm et plus – seront alors de sortie.

Au cours de ces derniers jours, notamment juste après le coup de pluie du week-end, la nymphe a pris le pas sur la mouche sèche. Les truites montaient assez peu mais se gavaient sous la surface.

Nous allons aborder une longue fenêtre météo chaude et sèche annoncée jusqu’à la fin du mois. Pas d’inquiétude pour la rivière principale qui est approvisionnée par le lac du Drennec mais les affluents devront être gardés à l’oeil.

Dans tous les cas de figure nous sommes au cœur de la saison haute pour la pêche à la mouche sur le domaine de pêche de notre association et nous sommes particulièrement heureux d’accueillir de proposer une rivière gérée au plus près et des poissons qui, nous l’observons, ont tendance à gagner en taille depuis quelques années.

D’ailleurs on est tellement satisfaits qu’ils sont immédiatement relâchés !

(Images Emma, Ewan, Lionel)

Technique de restauration de berges : un chantier après les crues de l’hiver 2025 – 2026.

Mobilisation d’une brigade d’une quinzaine de sociétaires de notre association afin de restaurer une grosse soixantaine de mètres de rives en amont de la Roche – Maurice ce samedi 13 juin et application d’une méthode désormais bien rodée.

L’idée étant de regagner de la berge et de resserrer le lit mineur de la rivière qui avait un peu trop pris ses aises mais aussi de créer une bonne variété d’habitats pour la multiplicité des insectes, batraciens, poissons et mammifères qui composent la richesse de l’Elorn.

La technique éprouvée se déroule en plusieurs temps. D’abord nos professionnels, Nicolas et Alain sont venus quelques jours plus tôt préparer le chantier.

Ils se sont chargés de l’implantation de piquets en châtaigniers, bois non-putrescible, et de la disposition de travées issues des arbres débités sur site (cette fois c’était du saule) et disposées tant de manière parallèle que perpendiculaire au courant.

Leur travail consiste donc à faire le gros œuvre et à préparer les tâches fastidieuses pour une équipe (très) réduite et fortement consommatrices de main-d’oeuvre. C’est à ce stade qu’intervient la brigade et sa puissance de mobilisation.

Dans un second temps, la berge est décapée de manière à éviter une rupture de niveau abrupte mais au contraire façonner une courbe de niveau qui s’abaisse progressivement de manière à ce que la pression du courant glisse sur la surface ainsi créée et ne trouve par de pans verticaux de berge à éroder.

L’hydrodynamique ne trouve donc pas d’opposition et le gonflement de la rivière par les crues ne trouve plus de berge à saper.

La terre est donc répartie sur une épaisseur de 15 à 30cm sur l’ensemble de la surface ainsi créée et qui va servir de support à la reconquête par la végétation.

Un processus qui peut se faire naturellement ou par l’implantation de graines de fétuque aux racines plus profondes et plus fixantes.

Dans tous les cas, la nature limoneuse et extrêmement fertile du sol ainsi recréé combinée à la proximité du cours d’eau qui apporte de l’humidité chaque nuit favorise naturellement une reconquête rapide par le végétal. Autre avantage, rats musqués et autres ragondins trouvent porte close : impossible de creuser des galeries et de miner les berges sur ce type de profil renforcé de surcroit par des souches enterrées… mauvaise surprise.

Une attention particulière est accordée aux zones de contact entre l’eau et la berge.

Les rondins de bois sont laissés libres de terre et permettent la fixation des insectes (larves de phryganes – porte-bois – larves d’éphémères)…

… la création de caches mouillées (vairons, truitelles, chabots, loches, larves de vase…) et humides (crapauds, micromammifères…) permettant une grande diversité des habitats.

Dans quelques mois puis dans quelques années la berge, après s’être stabilisée, après avoir résisté aux crues et s’être rechargée en limons va progressivement changer d’aspect et gagner en résistance et en épaisseur (site sur la moyenne Elorn).

Si on se penche plus en détails sur les effets sur la microfaune de la rivière, l’hydrodynamique des crues complexifiera les berges et permettra la création de milieux diversifiés, protégés et riches.

A terme, les réseaux racinaires vont emprisonner les grumes et bénéficier du carbone et les autres nutriments organiques dégagés par les troncs en décomposition.

Et puis, le beau temps aidant, ces chantiers sont moment pour se retrouver au bord de l’Elorn pour un barbecue à l’ombre des frênes, des chênes et des saules qui bordent la rivière et y guetter les gobages.

Un excellent samedi matin pour débuter le week-end sous le signe de la biodiversité, de l’amitié et des belles séances futures de pêche sur notre rivière.

Vie citoyenne : Rennes le 7 juin, c’était the place to be !

Rennes était en effet l’endroit où il fallait être ce dimanche 7 juin 2026 pour la défense de la qualité de l’eau, de notre qualité de vie et de notre ruralité. Pour l’AAPPMA de l’Elorn, c’était le cas hier, ça l’est aujourd’hui, ça le sera demain.

Hier parce que cela fait très longtemps que les sociétaires de l’Association Agréée de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques (AAPPMA) de l’Elorn s’efforcent de préserver, à travers l’accueil raisonné des pêcheurs et l’entretien de leur domaine de pêche, un environnement sain et pérenne.

Aujourd’hui car il est dans nos statuts et notre vocation de réagir devant les tribunaux à chaque atteinte à l’environnement et à la qualité de l’eau à travers un rappel au respect de l’Etat de Droit et à l’exigence républicaine de sa pleine application. Nous jugeons indigne la situation de déni démocratique provoquée par le refus des syndicats agricoles majoritaire de protéger les périmètres de captages gérés par le SAGE Vilaine (moins de 3% des surfaces).

Demain parce que des nouvelles extrêmement inquiétantes sont parues dans le média en ligne Splann ( https://splann.org/declassement-nitrates-monts-darree/) sur un déclassement des communes du château d’eau de la Bretagne afin de permettre l’épandage d’excréments sur une zone préservée. Nous reviendrons prochainement sur ce sujet gravissime qui mérite une actu spécifique.

Ce dimanche 7 juin, notre association était particulièrement heureuse que sa délégation soit noyée dans un flux de plus de 4.000 personnes.

Elle était ravie de voir que nos amis paysans de la Confédération Paysanne étaient venus en force (une cinquantaine de tracteurs) et avec la proposition d’un vrai projet pour l’agriculture, la ruralité et des campagnes vivantes.

Ils étaient là pour défendre en peu de mots redoutablement efficaces un modèle basé sur l’agronomie, la conservation des sols et des modes d’exploitation durables. Une agriculture du territoire que nous appelons de nos vœux.

Notre association était ravie du nombre de familles avec enfants qui avaient fait le déplacement car finalement défendre la qualité de l’eau c’est à la fois œuvrer pour maintenir un haut niveau de pratique halieutique, faire preuve de solidarité avec les consommateurs de l’eau de la Vilaine comme de l’Elorn et défendre le droit des générations futures à bénéficier d’une bonne qualité de vie.

Elle était ravie enfin de voir la société civile réagir et prendre en main ses affaires de manière massive, pacifique et déterminée.

Oui, c’était vraiment un beau dimanche de fin de printemps et nous serons toujours là pour défendre notre droit inaliénable et reconnu dans le corpus institutionnel français et européen à un environnement de qualité.

Vie citoyenne : l’AAPPMA de l’Elorn sera à Rennes pour la défense de la qualité de l’eau le dimanche 7 juin.

L’AAPPMA de l’Elorn sera le dimanche 7 juin à la manifestation nationale pour la défense de la qualité de l’eau et pour soutenir les populations de l’Est de la Bretagne qui puisent leur eau dans la Vilaine.

Depuis des années il est dit et répété de la qualité des eaux gérées par le SAGE Vilaine est de qualité déficiente. Depuis des années les groupes d’intérêt regroupés au sein de la Commission Locale de l’Eau discutent pour que la ressource soit préservée et sa qualité améliorée.

Ils pensaient qu’ils étaient arrivés à un accord acceptable pour tous. C’est du moins ce que laissaient penser les débats. Et puis les lobbies agricoles se sont réveillés et alors que seuls 3% des masses d’eau son considérées comme de qualité satisfaisante en Ille-et-Vilaine, un blocus d’engin agricoles a interdit l’exercice démocratique et nié un Etat de Droit pourtant parfaitement balisé par la Loi sur l’Eau. En cause ? L’interdiction de l’usage de pesticides sur les périmètres de protection de captage soit 2.6% de la surface totale !

Plus que jamais il existe une étroite continuité entre qualité des eaux et santé des populations. Moins que jamais n’accepterons-nous de voir de nouveau reculer la qualité de notre environnement au nom d’un système qui exerce sa violence contre l’environnement, les bêtes et les hommes.

L’AAPPMA de l’Elorn sera donc fièrement représentée à Rennes ce dimanche 7 juin. Sans les cannes mais avec la détermination d’un pêcheur par vent d’Est !

Voir, juger, agir : le Drennec par temps de chien.

« Rrrahhh… trop de vent. j’peux pas lancer. Il n’y a rien à faire !« … bon nombre de pêcheurs se sont faits cette réflexion après s’être échinés à lutter contre le vent cette semaine. 

D’autres se sont mis vent dans le dos à l’abri des boisements et ont éructé une autre variante  » Rrrahhh… trop de vent… elles ont le bec cloué, elles sont pas là, il n’y a rien à faire« .

Et puis d’autres encore, plus rares il est vrai, ont pris le temps voir. Suivre des yeux le cheminement des vagues et constater qu’elles poussent les débris végétaux vers des culs de sacs où elles se concentrent contre la berge. Observer le vol des hirondelles et constater leur brusque changement de direction pour attraper au vol un insecte bousculé par la bourrasque au raz de l’eau. 

Ils ont aussi jugé que si débris et insectes se concentraient sur ces endroits spécifiques alors sous la surface il devait se passer bien des choses à condition de se livrer à une patiente prospection pour trouver la bonne ligne de vent. 

Car on vous l’a dit et redit, même si le lac du Drennec est ré-empoissonné par des truites arc-en-ciel, la nature particulière de ce plan d’eau les ensauvage rapidement et leur fait oublier leurs bassins de naissance.

Enfin ils en ont tiré toutes les conclusions utiles pour agir efficacement. Et le succès est venu avec de petites nymphes noires et suffisamment plombées pour peigner une profondeur d’un mètre environ.

Après une patiente prospection le succès est venu et laissons Franck Ripault conclure sa journée : 

« Aujourd’hui donc (mercredi 3 juin), j’ai ratissé les anses sans succès, eau trop chaude. J’ai choisi les endroits où le tombant était proche avec présence de vagues et d’une belle ligne de vent (présence de débris de végétaux, un bon indicateur pour trouver les poissons qui se gavent d’insectes noyés). Les rafales plaquaient des abeilles, présence d’olives. Les poissons se trouvaient à 10 mètres du bord. J’utilisais de petites nymphes noires, soie tricotées. Touches ultra violentes sous un mètre de la surface. 10 truites en une heure. J’ai quand même dû patienter 4 h avant de comprendre la dynamique du jour du lac et la mouche adéquate et puis il y a eu un coup de chance... ».

Un coup de chance ? Pas sûr… En mouche d’estuaire pour le bar comme sur le lac du Drennec pour la truite, la Ripault’s Touch se base sur cette devise que beaucoup de gens connaissent en Bretagne. 

Voir et s’immerger dans le milieu. Juger et tirer les bonnes conclusions. Agir et trouver la bonne solution.

(Merci à Franck & Ewan pour leurs photos)

Le coup de frais sur l’Elorn n’a pas coupé l’appétit !

En moins d’une semaine la situation météorologique a radicalement changé passant de 34 à 15°. Le flux océanique est revenu en force avec vents de Nord-Ouest bien soutenus et une quinzaine de millimètres de pluie. La nature a enfin pu respirer.

Les conditions ont donc radicalement changé sur deux critères fondamentaux pour la pêche sur l’Elorn.

. D’une part l’importance des sols encore presque nus (cultures de pommes de terre et de maïs) sur la partie Nord de la basse-Elorn a teinté les eaux par ruissellement. La déstructuration du maillage bocager à occasionné des ravinements et les eaux, deux jours durant, sont restées brunes de la terre emportée par une pluviométrie qui n’était pourtant pas exceptionnelle. Un orage aurait été catastrophique.
En revanche sur la partie à amont de Landivisiau les eaux étaient bien moins teintées voire encore bien claires à l’amont de Sizun. C’est la qu’il fallait être.

. D’autre part les truites se sont remise en rythme  » printanier – perturbé et instable « . Des coups du soirs discrets à inexistants, une activité régulière et peu dense en journée, une accélération de l’activité en fin d’après-midi, vers 16h30 – 17h00, et ce jusque 20h00 environ.

En somme durant cette première semaine de juin, fraîche venteuse et humide, la bonne martingale était idéalement d’être à l’amont ou à l’aval de Sizun sur le coup de 17h00 pour une séance de 3 heures de pêche environ.
L’autre conclusion est qu’il y a sur l’Elorn toujours des parcours où il est possible de (bien) tirer son épingle du jeu.

Mais ces moments plus calmes sont aussi l’occasion de se livrer à une activité plus contemplative et de s’immerger dans la beauté de la nature qui est entrée dans sa période la plus luxuriante de couleurs, de tonalités, de senteurs et de vie.
C’est aussi celà la pêche sur l’Elorn.

La mouche en float-tube sur le lac du Drennec, une innovation de la saison 2026.

Depuis la saison 2026 la pêche à la mouche en float-tube est permise sur le lac du Drennec !

Cela faisait quelques temps que l’association y pensait pour mieux valoriser un espace de pêche sans pareil pour les salmonidés. Une innovation progressive et étroitement balisée pour conserver la qualité halieutique du lac.

Un domaine de pêche borné par des bouées jaunes qui interdisent l’approche de la tulipe qui fait s’échapper l’eau, des règles de bonne cohabitation avec les pêcheurs du rivage.

Enfin, seule la pêche à la mouche st autorisée. Le leurre, le jig et les appâts naturels sont strictement interdits, ceci afin de protéger la population de truites fario qui se maintient vaille que vaille.

Déjà des éclaireurs (merci Jérôme) ont commencé à trouver leurs marques et les résultats ont été bons, du moins jusqu’au 20 mai et l’arrivée de la canicule.

Plusieurs techniques ont été explorées. L’ensemble de la palette a donné des résultats satisfaisants. Streamer mais aussi mouche de surface statique ou émergente animée.

Outre le float-tube (dispositif gonflable, pantalon étanche ou non, palmes) les cannes sont similaires à celles qui sont utilisées du bord avec peut-être plus de marges de manœuvre quant à la longueur et à la force. Une 10 pieds soie de 7 pour le streamer, une 9 pieds soie de 5 pour la sèche ou la nymphe animée. Ce second gabarit est une canne de rivière qui serait sous-cotée pour une pêche du bord. Mais, en float-tube, les conditions changent et il n’est pas nécessaire d’avoir une soie lourde et de pratiquer la double traction pour arriver à portée de tir des poisson en activité. Une approche silencieuse et un positionnement vent dans le dos permet de faire des lancers parfaitement efficaces… y compris avec une canne de rivière.

Que mettre au bout de la ligne ? Les streamer imitant des petits poissons bien sûr. Pour le reste tout est affaire d’observation et de coup de patte pour concevoir la bonne imitations. A la mi-mai les petits coléoptères qui avaient donné du fil à retordre au rassemblement de l’ABPM étaient au menu des truites du lac et ont permis une pêche assez somptueuse aux float-tubers.

Et sur une canne de 9 pieds taillée pour la rivière, tenir une truite arc-en-ciel de 3 à 4 livres qui va adopter une défense tridimensionnelle (avant – arrière, gauche – droite mais également surface – fond) c’est un vrai sport !

Reste à savoir quelles vont être les conséquences de la canicule de fin mai sur la pêche en lac. Les eaux de surface sont à 23°, des conditions que là encore nous n’avions jamais rencontrées dès le mois de mai. Mais avec un temps plus frais en perspective, l’air ambiant devrait à nouveau passer sous les moyennes de saison au cours de ces prochains jours. Et les eaux superficielles du Drennec revenir progressivement à des normes plus pêchantes.

En lac comme en rivière, nous ferons le point au cours de ces prochains jours.

Vague de chaleur sans précédent, un bilan provisoire sur l’Elorn et ses affluents.

La vague de chaleur qui a affecté l’ouest de la France et la Bretagne en particulier n’avait jamais atteint un tel niveau et a recruté sur tous les critères. Précocité tout d’abord, entre les 20 et 29 mai. Durée, bien plus d’une semaine. Températures diurnes tutoyant les 34° (33.6° à Landivisiau le 26 mai). Température nocturnes de 22° sachant qu’au delà de 20° on parle de « nuit tropicale ». Enfin un mois avant le solstice d’été, une luminosité d’une quinzaine d’heures par jour. C’est un facteur aggravant.

Après un hiver historiquement pluvieux, il n’y a pas exemple connu de telles températures en mai. Nous sommes bien entrés dans l’ère des grandes perturbations climatiques et parfaitement dans la ligne des anticipations des climatologues : hivers plus arrosés, étés plus chauds. Il va falloir s’y préparer et espérer qu’ils se sont trompés sur la troisième anticipation : survenance de longues périodes de sécheresse. La mauvaise nouvelle c’est que les scientifiques ont toujours eu raison jusqu’à présent.

En quinze jours le débit de l’Elorn s’est tassé à un niveau encore très correct qui va maintenant rester en l’état durant tout l’été grâce au soutien d’étiage permis par le lac du Drennec. Les affluents ont également baissé mais les niveaux demeurent pour le moment soutenus du moins pour ceux qui ont un bassin versant qui ne prend pas sa source dans les zones agricoles les plus intensives de la partie Nord, en aval de Landivisiau. 

Ces deux photos du Quillivaron prises les 10 et 30 mai 2026 montrent une baisse de niveau réelle mais pas catastrophique. 

La vie de la rivière s’est immédiatement adaptée à ces conditions avec des éclosions dès 08h30 du matin puis un ralentissement de l’activité à partir de 10h30. 

Les insectes ont continué à être présents tout au long de la journée et ont été plus courageux que les pêcheurs qui ne désiraient pas bouillir dans leurs waders. La rivière a été peu – voire très peu – fréquentée passés les 28°.

En revanche comme en plein été l’Elorn s’est animée à partir de 20h00 – 20h30 avec de beaux poissons qui se sont mis en poste. Les coups du soir ont été longs et denses avec de belles truites en chasse et faisant le plein d’insectes.

Elles sont volontiers montées sur des mouches d’ensemble à totalité rousse, grise ou brune avec des corps cerclés de tinsel or ou argent. Les imitations de mouche de mai voire de grosses Panama sur hameçon de 10 à 12 ont également donné de bons résultats. Les artificielles de type Klinkhamer qui s’approchent d’un insecte en voie d’émergence ont également trouvé les faveurs des poissons ainsi que les nymphes plombées assez lourd pour explorer les courants profonds.

Sur les ruisseaux les truites sont évidemment de taille plus restreinte mais ont été tout aussi volontaires. Une lame d’eau encore très acceptable à mis le poisson à table notamment à partir du 30 avec la chute des températures. La cuillère à donné de bons résultats notamment dans les couloirs ombragés. 

La grande inconnue reste maintenant à voir ce que cette météo erratique (10° et grêle le 10 mai, 34° le 28 mai) nous réserve pour ces prochaines semaines. La température de l’eau est déjà au niveau d’un mois de fin juin – début juillet et on ne peut qu’espérer maintenant une période fraîche et pluvieuse pour remettre les pendules à l’heure. 

Il est toutefois clair que si nous subissons encore deux ou trois épisodes aussi chauds l’ensemble des écosystèmes va souffrir. Nous aurons un été difficile. On croise les doigts. 

Vie citoyenne : journées migrateurs, fréquentation médiocre mais mobilisation nécessaire.

L’AAPPMA de l’Elorn était sur le pont ce jeudi 21 à 18h00 au Family de Landerneau et samedi 23 à la station de comptage de Kerhamon.

Débat le jeudi soir 21 mai autour du thème des poissons migrateurs qui fréquentent l’Elorn (saumon, anguille mais aussi alose et lamproie) et du destin qui les attend. Soirée animée par l’Office Français de la Biodiversité, Bretagne Grands Migrateurs… et évidemment notre association représentée par son Président. Une grosse cinquantaine de personnes dans la salle, y compris l’adjointe à l’environnement de la municipalité.

Que dire, sinon des constats que l’AAPPMA de l’Elorn ressasse depuis des années. Chute vertigineuse de la population de saumon à la fois dans l’Elorn, en Bretagne, en France, en Europe et dans les îles britanniques avec des causes qui sont connues. La pêche minotière pour faire de la farine de poisson qui servira aux saumons d’élevage – en somme on fait disparaitre une espèce sauvage pour nourrir sa variante domestique dopée aux antibiotiques ; on marche sur la tête -. Changement climatique avec une perturbation des courants marins qui permettaient aux saumons de retrouver leurs zones de nourrissage. Pollutions diverses que nous ne connaissons que trop…

Pourtant la directive sur la continuité écologique et tout le travail que nous réalisons pour restaurer des espaces de frayères ont rendu notre rivière accueillante. Mais il est tout aussi vrai que cette viabilisation ne commence qu’une fois passé le Pont Rohan de Landerneau et le passage de l’Elorn maritime à l’Elorn rivière. Comme si la dégradation des conditions en mer ne suffisait pas, les rares saumons qui retrouvent le chemin de la rade de Brest sont confrontés à une dernière malédiction : les filets dans l’estuaire. Des méthodes de voyous sur une espèce protégée et – disons-le – en risque élevé de disparition pure et simple. Nous ferons très prochainement un point sur les quelques remontées 2026 de saumon de printemps. Ce n’est pas brillant.

Notre association est en effet dotée d’un outil qui permet un suivi fin de tout ce qui monte dans la rivière. La passe de Kerhamon. Sa présentation au public était le thème de la journée portes ouvertes du samedi 23 avec des commentaires de Jean-Yves Kermarrec et Alain Dolou.

Un samedi 23 à 30° qui avait fait les landernéens filer à la mer sur Brignogan et Keremma plus que sur les bords de l’Elorn. Mais un public de qualité, curieux et intéressé, avide de voir comment fonctionne la cellule photoélectrique qui déclenche la prise d’images à chaque passage, permet de définir l’espèce et la taille du sujet. Une mine d’informations scientifiques mises à disposition pour la Fédération de Pêche du Finistère et l’AAPPMA de l’Elorn.

Allez, puisqu’il faut finir sur une touche optimiste et nous mettre du baume au cœur, une seconde représentation d’une œuvre de Franck Ripault avec comme seul commentaire une citation d’Emmanuel Kant, philosophe allemand : « L’art ne veut pas la représentation d’une chose belle mais la belle représentation d’une chose « . Quand on contemple ce tableau c’est plutôt bien vu. Vous ne trouvez pas ?

Gast ! Tomm eo an amzer ! Stratégie en sèche pour des conditions atypiques…

Fichtre (😆) ! Il fait chaud ! En effet.

Et une bonne raison pour suggérer quelques recommandations introduites par cette truite impressionnante de fluidité (mixte aquarelle – acrylique), réalisée par notre sociétaire Franck Ripault.
Franck vient chercher sa créativité – notamment – sur les bords de l’Elorn et du Drennec. Il a accepté d’être un de nos illustrateurs. Vous reverrez, en guise de bonne surprise, perler quelques unes de ses compositions sur ce site. Qu’il en soit remercié.

Ce beau temps était annoncé depuis une dizaine de jours mais personne n’avait vu venir ces conditions extrêmes pour cette fin du mois de mai. Un scénario qui ne nous étonne pas et que nous avions évoqué une dizaine de jours plus tôt au Conseil de Développement de Brest Métropole.


La météo nous promettait les 22 – 24° ce qui est parfait mais certainement pas que la barre des 30° soit dépassée plusieurs jours cette semaine et jusqu’au 30 mai. Pour ceux qui doutaient du changement  climatique, en voici une preuve supplémentaire car il n’y a jamais eu un tel pic de chaleur en cette saison. Pour la première fois un département a été placé en Alerte Canicule en mai et c’est le Finistère…

Ces conditions ont trois conséquences sur notre activité.

1. Une baisse rapide de la lame d’eau. La chaleur dope le végétal qui pompe à qui mieux mieux. Mais heureusement le Drennec est haut et le soutien d’étiage pour approvisionner Brest en eau va prendre bientôt le relais. L’Elorn n’a jamais connu à ce jour de niveau critique en situation de sécheresse mais ses affluents vont souffrir si nous avons une absence de pluie persistante et de très fortes chaleurs. Heureusement leurs bassins versants fonctionnent plutôt bien et ils sont relativement couverts avec des caches nombreuses. Toujours est-il que les poissons iront dans les profonds.

2. La seconde conséquence est que l’air est bien plus sec, ceci dès 8 heures du matin. Les insectes se sont immédiatement adaptés et pour la première fois cette année l’activité les éclosions et les pontes ont commencé dès 08h30. Ce n’est pas étonnant car la température minimale à 5 heures du matin était de 19 – 20°, un niveau que l’on retrouve habituellement à 15h00 en conditions normales. Et comme les eaux sont encore froides et que les chenilles et autres scarabées sont toujours aussi maladroits, l’activité ne s’arrête jamais vraiment.

3. Troisième conséquence, les journées de pêche s’étirent en ce moment sur 14 heures selon des séquences assez précises. Autant d’indications pour une stratégie de pêche à la mouche sèche…

. Un coup du matin à partir de 08h30 jusque 10h30 sur de petites éphémères, des trichoptères et des perles. Activité très régulière et soutenue à l’ombre comme au soleil.

👉🏼 Mouche araignée à collerette grise type A4 de Devaux, brune ou rousse…sur hameçon de 16. Pointe en 14/100.

. Une pêche de journée jusque 19h00 sur une très grande variété d’insectes ailés et chenilles, y compris les mouches de mai, avec une préférence pour les zones d’ombre sous les frondaisons et dans les parties les plus profondes des méandres. Il faut admettre des pauses ponctuelles dans l’activité. Mais il y aura toujours un joli poisson en éveil à rechercher dans les bordures et le long des souches. On rappellera que les plus belles truites sont prudentes et lucifuges.
Néanmoins on soulignera aussi qu’il existe toujours une part d’incertitude car jamais ces conditions extrêmes ne se sont-elles produites.

👉🏼 Mouche de mai, Tricolore, Paysanne et même Panama, sedge, mouche à tonalité noire, chenille, ne pas oublier une ou deux Klinkhamer dans la boite… sur hameçon de 10 à 14. Pointe en 16/100.

. Une pêche de soirée car oui… il est là… nous avons nos premiers vrais coups du soir depuis le 22 mai. Dès 19h00 – 19h30 avec l’oblique du soleil dans la vallée on doit s’attendre à voir le temps s’accélérer sous la pression des événements. Beaucoup d’activité à espérer sur l’ensemble du linéaire avec un pic continu depuis 20h30 jusqu’à la nuit : toujours des mouches de mai en ponte ou en spent, 5 ou 6 autres espèces d’éphémèridés, de trichoptères et des caenis en essaim.

👉🏼 Mouche à flottaison haute et bien visible pour ne pas perdre de temps, tonalité rousse ou brune ou mouche de mai à tonalité blanche aux ailes et jaunâtre à spirale sombre au corps… hameçon de 10 – 14. Pointe en 16/100.

Aucun doute, si ce début de séquence caniculaire déjà permis de remettre à l’eau de beaux spécimens, l’optimisme est de mise pour quelques temps encore.

Qu’il faille s’en réjouir est un tout autre débat.

C’est le moment ou jamais de faire le plein d’énergie, de graisser sa soie et chausser ses waders !