Vague de chaleur sans précédent, un bilan provisoire sur l’Elorn et ses affluents.

La vague de chaleur qui a affecté l’ouest de la France et la Bretagne en particulier n’avait jamais atteint un tel niveau et a recruté sur tous les critères. Précocité tout d’abord, entre les 20 et 29 mai. Durée, bien plus d’une semaine. Températures diurnes tutoyant les 34° (33.6° à Landivisiau le 26 mai). Température nocturnes de 22° sachant qu’au delà de 20° on parle de « nuit tropicale ». Enfin un mois avant le solstice d’été, une luminosité d’une quinzaine d’heures par jour. C’est un facteur aggravant.

Après un hiver historiquement pluvieux, il n’y a pas exemple connu de telles températures en mai. Nous sommes bien entrés dans l’ère des grandes perturbations climatiques et parfaitement dans la ligne des anticipations des climatologues : hivers plus arrosés, étés plus chauds. Il va falloir s’y préparer et espérer qu’ils se sont trompés sur la troisième anticipation : survenance de longues périodes de sécheresse. La mauvaise nouvelle c’est que les scientifiques ont toujours eu raison jusqu’à présent.

En quinze jours le débit de l’Elorn s’est tassé à un niveau encore très correct qui va maintenant rester en l’état durant tout l’été grâce au soutien d’étiage permis par le lac du Drennec. Les affluents ont également baissé mais les niveaux demeurent pour le moment soutenus du moins pour ceux qui ont un bassin versant qui ne prend pas sa source dans les zones agricoles les plus intensives de la partie Nord, en aval de Landivisiau. 

Ces deux photos du Quillivaron prises les 10 et 30 mai 2026 montrent une baisse de niveau réelle mais pas catastrophique. 

La vie de la rivière s’est immédiatement adaptée à ces conditions avec des éclosions dès 08h30 du matin puis un ralentissement de l’activité à partir de 10h30. 

Les insectes ont continué à être présents tout au long de la journée et ont été plus courageux que les pêcheurs qui ne désiraient pas bouillir dans leurs waders. La rivière a été peu – voire très peu – fréquentée passés les 28°.

En revanche comme en plein été l’Elorn s’est animée à partir de 20h00 – 20h30 avec de beaux poissons qui se sont mis en poste. Les coups du soir ont été longs et denses avec de belles truites en chasse et faisant le plein d’insectes.

Elles sont volontiers montées sur des mouches d’ensemble à totalité rousse, grise ou brune avec des corps cerclés de tinsel or ou argent. Les imitations de mouche de mai voire de grosses Panama sur hameçon de 10 à 12 ont également donné de bons résultats. Les artificielles de type Klinkhamer qui s’approchent d’un insecte en voie d’émergence ont également trouvé les faveurs des poissons ainsi que les nymphes plombées assez lourd pour explorer les courants profonds.

Sur les ruisseaux les truites sont évidemment de taille plus restreinte mais ont été tout aussi volontaires. Une lame d’eau encore très acceptable à mis le poisson à table notamment à partir du 30 avec la chute des températures. La cuillère à donné de bons résultats notamment dans les couloirs ombragés. 

La grande inconnue reste maintenant à voir ce que cette météo erratique (10° et grêle le 10 mai, 34° le 28 mai) nous réserve pour ces prochaines semaines. La température de l’eau est déjà au niveau d’un mois de fin juin – début juillet et on ne peut qu’espérer maintenant une période fraîche et pluvieuse pour remettre les pendules à l’heure. 

Il est toutefois clair que si nous subissons encore deux ou trois épisodes aussi chauds l’ensemble des écosystèmes va souffrir. Nous aurons un été difficile. On croise les doigts. 

Vie citoyenne : journées migrateurs, fréquentation médiocre mais mobilisation nécessaire.

L’AAPPMA de l’Elorn était sur le pont ce jeudi 21 à 18h00 au Family de Landerneau et samedi 23 à la station de comptage de Kerhamon.

Débat le jeudi soir 21 mai autour du thème des poissons migrateurs qui fréquentent l’Elorn (saumon, anguille mais aussi alose et lamproie) et du destin qui les attend. Soirée animée par l’Office Français de la Biodiversité, Bretagne Grands Migrateurs… et évidemment notre association représentée par son Président. Une grosse cinquantaine de personnes dans la salle, y compris l’adjointe à l’environnement de la municipalité.

Que dire, sinon des constats que l’AAPPMA de l’Elorn ressasse depuis des années. Chute vertigineuse de la population de saumon à la fois dans l’Elorn, en Bretagne, en France, en Europe et dans les îles britanniques avec des causes qui sont connues. La pêche minotière pour faire de la farine de poisson qui servira aux saumons d’élevage – en somme on fait disparaitre une espèce sauvage pour nourrir sa variante domestique dopée aux antibiotiques ; on marche sur la tête -. Changement climatique avec une perturbation des courants marins qui permettaient aux saumons de retrouver leurs zones de nourrissage. Pollutions diverses que nous ne connaissons que trop…

Pourtant la directive sur la continuité écologique et tout le travail que nous réalisons pour restaurer des espaces de frayères ont rendu notre rivière accueillante. Mais il est tout aussi vrai que cette viabilisation ne commence qu’une fois passé le Pont Rohan de Landerneau et le passage de l’Elorn maritime à l’Elorn rivière. Comme si la dégradation des conditions en mer ne suffisait pas, les rares saumons qui retrouvent le chemin de la rade de Brest sont confrontés à une dernière malédiction : les filets dans l’estuaire. Des méthodes de voyous sur une espèce protégée et – disons-le – en risque élevé de disparition pure et simple. Nous ferons très prochainement un point sur les quelques remontées 2026 de saumon de printemps. Ce n’est pas brillant.

Notre association est en effet dotée d’un outil qui permet un suivi fin de tout ce qui monte dans la rivière. La passe de Kerhamon. Sa présentation au public était le thème de la journée portes ouvertes du samedi 23 avec des commentaires de Jean-Yves Kermarrec et Alain Dolou.

Un samedi 23 à 30° qui avait fait les landernéens filer à la mer sur Brignogan et Keremma plus que sur les bords de l’Elorn. Mais un public de qualité, curieux et intéressé, avide de voir comment fonctionne la cellule photoélectrique qui déclenche la prise d’images à chaque passage, permet de définir l’espèce et la taille du sujet. Une mine d’informations scientifiques mises à disposition pour la Fédération de Pêche du Finistère et l’AAPPMA de l’Elorn.

Allez, puisqu’il faut finir sur une touche optimiste et nous mettre du baume au cœur, une seconde représentation d’une œuvre de Franck Ripault avec comme seul commentaire une citation d’Emmanuel Kant, philosophe allemand : « L’art ne veut pas la représentation d’une chose belle mais la belle représentation d’une chose « . Quand on contemple ce tableau c’est plutôt bien vu. Vous ne trouvez pas ?

Gast ! Tomm eo an amzer ! Stratégie en sèche pour des conditions atypiques…

Fichtre (😆) ! Il fait chaud ! En effet.

Et une bonne raison pour suggérer quelques recommandations introduites par cette truite impressionnante de fluidité (mixte aquarelle – acrylique), réalisée par notre sociétaire Franck Ripault.
Franck vient chercher sa créativité – notamment – sur les bords de l’Elorn et du Drennec. Il a accepté d’être un de nos illustrateurs. Vous reverrez, en guise de bonne surprise, perler quelques unes de ses compositions sur ce site. Qu’il en soit remercié.

Ce beau temps était annoncé depuis une dizaine de jours mais personne n’avait vu venir ces conditions extrêmes pour cette fin du mois de mai. Un scénario qui ne nous étonne pas et que nous avions évoqué une dizaine de jours plus tôt au Conseil de Développement de Brest Métropole.


La météo nous promettait les 22 – 24° ce qui est parfait mais certainement pas que la barre des 30° soit dépassée plusieurs jours cette semaine et jusqu’au 30 mai. Pour ceux qui doutaient du changement  climatique, en voici une preuve supplémentaire car il n’y a jamais eu un tel pic de chaleur en cette saison. Pour la première fois un département a été placé en Alerte Canicule en mai et c’est le Finistère…

Ces conditions ont trois conséquences sur notre activité.

1. Une baisse rapide de la lame d’eau. La chaleur dope le végétal qui pompe à qui mieux mieux. Mais heureusement le Drennec est haut et le soutien d’étiage pour approvisionner Brest en eau va prendre bientôt le relais. L’Elorn n’a jamais connu à ce jour de niveau critique en situation de sécheresse mais ses affluents vont souffrir si nous avons une absence de pluie persistante et de très fortes chaleurs. Heureusement leurs bassins versants fonctionnent plutôt bien et ils sont relativement couverts avec des caches nombreuses. Toujours est-il que les poissons iront dans les profonds.

2. La seconde conséquence est que l’air est bien plus sec, ceci dès 8 heures du matin. Les insectes se sont immédiatement adaptés et pour la première fois cette année l’activité les éclosions et les pontes ont commencé dès 08h30. Ce n’est pas étonnant car la température minimale à 5 heures du matin était de 19 – 20°, un niveau que l’on retrouve habituellement à 15h00 en conditions normales. Et comme les eaux sont encore froides et que les chenilles et autres scarabées sont toujours aussi maladroits, l’activité ne s’arrête jamais vraiment.

3. Troisième conséquence, les journées de pêche s’étirent en ce moment sur 14 heures selon des séquences assez précises. Autant d’indications pour une stratégie de pêche à la mouche sèche…

. Un coup du matin à partir de 08h30 jusque 10h30 sur de petites éphémères, des trichoptères et des perles. Activité très régulière et soutenue à l’ombre comme au soleil.

👉🏼 Mouche araignée à collerette grise type A4 de Devaux, brune ou rousse…sur hameçon de 16. Pointe en 14/100.

. Une pêche de journée jusque 19h00 sur une très grande variété d’insectes ailés et chenilles, y compris les mouches de mai, avec une préférence pour les zones d’ombre sous les frondaisons et dans les parties les plus profondes des méandres. Il faut admettre des pauses ponctuelles dans l’activité. Mais il y aura toujours un joli poisson en éveil à rechercher dans les bordures et le long des souches. On rappellera que les plus belles truites sont prudentes et lucifuges.
Néanmoins on soulignera aussi qu’il existe toujours une part d’incertitude car jamais ces conditions extrêmes ne se sont-elles produites.

👉🏼 Mouche de mai, Tricolore, Paysanne et même Panama, sedge, mouche à tonalité noire, chenille, ne pas oublier une ou deux Klinkhamer dans la boite… sur hameçon de 10 à 14. Pointe en 16/100.

. Une pêche de soirée car oui… il est là… nous avons nos premiers vrais coups du soir depuis le 22 mai. Dès 19h00 – 19h30 avec l’oblique du soleil dans la vallée on doit s’attendre à voir le temps s’accélérer sous la pression des événements. Beaucoup d’activité à espérer sur l’ensemble du linéaire avec un pic continu depuis 20h30 jusqu’à la nuit : toujours des mouches de mai en ponte ou en spent, 5 ou 6 autres espèces d’éphémèridés, de trichoptères et des caenis en essaim.

👉🏼 Mouche à flottaison haute et bien visible pour ne pas perdre de temps, tonalité rousse ou brune ou mouche de mai à tonalité blanche aux ailes et jaunâtre à spirale sombre au corps… hameçon de 10 – 14. Pointe en 16/100.

Aucun doute, si ce début de séquence caniculaire déjà permis de remettre à l’eau de beaux spécimens, l’optimisme est de mise pour quelques temps encore.

Qu’il faille s’en réjouir est un tout autre débat.

C’est le moment ou jamais de faire le plein d’énergie, de graisser sa soie et chausser ses waders !

Vie citoyenne : deux rendez-vous sur la connaissance du saumon 21 & 23 mai 2026.

Un rappel pour celles et ceux qui ne l’avaient pas mis à l’agenda. Dès demain ça va parler saumon sur les bords de l’Elorn.

. Jeudi 21 mai à 18h00 au Family de Landerneau : conférence « les poissons migrateurs, bientôt une légende ?  » avec notamment Jean-Yves Kermarrec, Président de notre association.

. Samedi 23 mai matin & après-midi « balade dans le sillage des poissons migrateurs », journée portes ouvertes de l’équipement de Kerhamon avec la présence des adhérents et des professionnels de notre AAPPMA.

Notre parti pris est évidemment de rendre ces moments aussi didactiques et concrets que possible.

. D’une part l’AAPPMA a la chance d’avoir capitalisé une mémoire sociale considérable sur la pêche du saumon sur l’Elorn. Sa vocation est aussi d’expliquer les enjeux symboliques et anthropologiques de la conservation des espèces migratrices.

. D’autre part sa finalité est de promouvoir une pêche de qualité dans un environnement sain sur les rivières et affluents dont elle a la charge. La journée du 23 sera aussi l’occasion de prendre contact pour qui veut explorer cette discipline bénéfique tant pour le corps que l’esprit.


Par le projet qu’elle porte notre AAPPMA s’inscrit pleinement dans les débats de la Cité.

Bezhit war evez ! Cette semaine la météo change…

Soyez attentifs en effet car cette période de temps frais touche à sa fin.

Nous sortons d’une période plus difficile d’une dizaine de jours. Des vents instables, des températures nettement au dessous des moyennes, peu de pluie mais des conditions parfois rudes, notamment le jeudi 14 mai avec un maximum de 10° et même de la grêle. 

La pêche sur le lac du Drennec n’a été correcte que le matin tôt avec un fort ralentissement de l’activité à partir de 10h00 et ponctuellement une reprise avec la tombée de la nuit. Il fallait s’accrocher. 

Pour la rivière l’activité à été bien moins médiocre que ce qui était attendu. Elle a même été bonne sur l’ensemble du cours du domaine de pêche à condition d’être au bord de l’eau à partir de 16h00 jusque 21h00. 

La raison en est simple : plusieurs familles d’insectes d’eau étaient présentes en même temps : éphémères, trichoptères, perlidés… et malgré le temps frais tirant sur le froid, les truites semblaient avoir oublié l’adage « vent du nord, rien ne mord« … Y compris ce spécimen magnifique de 40cm environ pris sur le cours moyen ce dimanche 17 mai vers 17h00 et qui montait sur des mouches de mai.

A partir du 20 mai c’est le retour de conditions plus clémentes. Les températures vont prendre l’ascenseur. 

La fin de semaine et celle d’après pourraient donner des conditions d’anthologie : temps couvert et tiède pour commencer. Pluie et de nouveau temps tiède durant le week-end. Temps plus chaud et lumineux ensuite. Ceci alors que le végétal explose et que tous les insectes sont de sortie. 

Les pêcheurs avisés prendront un peu de temps ces mardi et mercredi pour affûter leur matériel et feront leur possible pour être au bord de la rivière en seconde moitié de semaine. Notre anticipation est une activité aussi continue que soutenue tout au long de la journée. 

Il ne faut pas être grand clerc pour anticiper que de très beaux poissons vont peupler nos souvenirs et en appeler d’autres. Nous entrons de plain pied dans l’apogée de la saison.

Journée de l’ABPM : sous le signe de la double traction.

Autant vous le dire, les truites du lac du Drennec sont des chipies ! Sans doute les températures nocturnes (7°) et diurnes (14° à 16h00) en plus de la rareté des insectes habituels (chironomes, bibios, olives) les avaient mises de mauvaise humeur, les contraignant à monter sur de petits coléoptères.

Pourtant la vingtaine de passionnés de l’Association Bretonne de Pêche à la Mouche (ABPM) rassemblés ce dimanche 17 mai ont déployé des trésors d’habileté pour les séduire. Ils avaient avec eux un professeur d’élite, Jean Decroix, champion de France et d’Europe de lancer longue distance.

Car la double traction (double haul) est tout un art qui tranche avec les habitudes de lancer court et tendu de la rivière. Geste ample sur canne de 9 à 10 pieds, soie plus lourde de 6 à 8, coordination psychomotrice avec une main qui accélère la vitesse de la soie à la fois vers l’arrière et vers l’avant, finale bras tendu pour gagner encore un peu de distance et la zone des 20 mètres et plus. Tout un apprentissage.

Pour cette séance, seule une vingtaine de poissons ont été épuisés et remis à l’eau.

Toutefois, au delà de l’acquisition d’une nouvelle technique qui s’adressera autant aux truites qu’aux bars, le plus important était de se retrouver dans le paysage exceptionnel de ce lac niché aux pieds des monts de l’Arrée ceint de bois et de bocages.

Le plus important était d’accueillir les nouveaux adeptes de la pêche à la mouche et de les intégrer dans la confrérie de l’arabesque. Le tout sous l’œil bienveillant des administrateurs de notre association ravis d’accueillir leurs hôtes.

Et puis comme l’a conclu Roland Coat, président de l’ABPM (et lui aussi administrateur de l’AAPPMA de l’Elorn), la pêche dans ce milieu sauvage n’est pas une science exacte et au moins tous auront appris ou amélioré leur lancer. Ils auront aussi passé ensemble une journée qui s’est terminée un peu trop vite.

Une chose est sure; ils reviendront très bientôt.

Vie citoyenne : Notre AAPPMA invitée au Conseil de Développement du Pays de Brest.

Ce mardi 12 mai le thème choisi par le Conseil de Développement du Pays de Brest était « eau et changement climatique » et pour ce faire il avait choisi d’inviter quatre conférenciers. Thierry Burlot, Président du Comité de Bassin Loire-Bretagne, Jean-François Menez Directeur de l’innovation et de la RSE pour Eaux du Ponant, Thierry Patris expert géologue et Renaud Layadi vice-président de l’AAPPMA de l’Elorn.

L’objectif était de faire le point sur les impacts du changement climatique à l’échelle de notre bassin versant (l’Elorn alimente Brest en eau), de l’Ouest de la Bretagne et de la région dans son ensemble.

Les échanges ont mis en évidence que la situation s’était considérablement tendue. Si historiquement l’enjeu en Bretagne était (et l’est toujours) qualitatif (nitrates, pesticides…), les sécheresses récurrentes, la nature géologique du sous-sol, l’augmentation de la population et l’évolution des modes de vie et de production font que désormais nous sommes aussi face à un enjeu quantitatif. Et ça, c’est nouveau.

Evidemment on ne pouvait éviter d’évoquer le rôle de l’agriculture. Elle aussi va devoir s’adapter et il est douteux que la mise en place de grands élevages fortement consommateurs d’eau puisse résister aux effets du changement climatique. En outre, tôt ou tard, eux-aussi devront se soumettre à l’Etat de Droit en déclarant leurs prélèvements. Alors qu’à chaque sécheresse le péril se fait toujours plus imminent il est incroyable de constater qu’une partie importante des pompages se fait sous le radar. Cette transparence d’utilisation d’un Bien Commun de la Nation n’est pas négociable et c’est ce que notre association défend depuis des années. Tout reste à inventer en agriculture.

L’AAPPMA est restée tout aussi ferme sur ses positions et sur la revendication de sa légitimé. C’est bien le monde associatif et en premier lieu des Associations Agrées de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques qui veille sur l’état des rivières. De fait leur souhait de voir une remise en place d’une maillage bocager fonctionnel et un ralentissement du métabolisme de l’eau correspond à une observation attentive, quotidienne et ancienne du fonctionnement du bassin versant. Sa défense opiniâtre de la qualité de l’eau et les plaintes qu’elle dépose à chaque pollution n’est ni plus ni moins que la vocation inscrite dans sa dénomination et décidée par le législateur.

Reste bien évidemment à savoir comment cette séance de travail, rassemblant de nombreux élus, sera valorisée dans les politiques locales. On verra. Il est néanmoins intéressant de pouvoir continuer à dialoguer avec les autres acteurs du Pays de Brest.

Par le projet qu’elle porte notre association s’inscrit pleinement dans les débats de la cité.

Plan A-bis : n’oubliez pas les ruisseaux !

Conformément à ce qui avait été anticipé, cette semaine est plus critique. Les vents se sont calés au Nord et les températures ont chuté largement en dessous des moyennes de saison. 9.5° en fond de vallée à 14h00 le jeudi 14 mai, averse de grêle vers 17h00.

Sur la rivière principale les conditions de pêche à la mouche sont devenues plus difficiles avec des éclosions assez timides, limitées à quelques séquences courtes et qui ne mettaient les truites en poste qu’en pontillés. Il fallait être là au bon moment pour être récompensé. Le parcours mouche s’est notamment animé entre 16h00 et 20h00. La nymphe a donné quelques résultats ponctuels mais généralement des poissons plus petits. Enfin de fortes rafales d’un vent froid contrariaient le vol de la soie sur la rivière. Dur.

Mais ces conditions peu confortables n’ont pas fait que des malheureux. Pour qui choisissait de sortir le matériel de lancer ultra-léger pour arpenter les affluents de l’Elorn, alors de belles séances se profilaient.

La Dour Kamm ou encore le Quillivaron mais également en Penguilly ou le Stain sont les meilleurs affluents avec toutefois une mention spéciale pour le Quillivaron et son parcours de Sainte-Anasthasie, sainte miraculeuse réputée amener le succès aux examens (c’est de saison !). Bien avant, alors que le christianisme n’avait pas encore remplacé la religion polythéiste d’origine, cette fontaine était l’antre d’une divinité sensée favoriser les grossesses.

Ce parcours, à partir de Traon Louarn, dure 4 à 5 heures environ. Il est exploitable dans son intégralité au lancer léger mais est aussi praticable à la mouche pour autant que la canne soit inférieure à 7 pieds. Le fond de vallée est constitué de prairies, zones humides et terrains hydromorphes avec quelques friches ça et là.

La population de truite d’une densité très étoffée est constituée essentiellement de sujets de 18 à 24cm avec ponctuellement des spécimens qui atteignent les 28 – 30cm. Au delà c’est l’exception et un signe d’un destin assez miraculeux car la loutre est bien présente sur le parcours et doit prélever son du.

Les affluents de l’Elorn sont certes moins connus que la rivière principale mais offrent un potentiel extraordinaire, ceci en plus de leur intérêt paysager, faunistique et floristique. Ils prennent très bien le relais lorsque les conditions sont moins favorables et en été, lorsque le soir tous les poissons sont dehors, permettent des séances somptueuses.

Ce ne sont pas les plans B de la pêche sur l’Elorn mais bien les plans A-bis.

We are river people – Tout savoir sur le saumon dans l’Elorn – 21 – 23 mai Landerneau.

. Jeudi 21 mai, 18h00 – Salle le Family – Landerneau – Conférence « Les poissons migrateurs ; bientôt une légende ? » avec la participation de l’AAPPMA de l’Elorn

. Samedi 23 mai, toute la journée, portes ouvertes à notre équipement de Kerhamon. Equipement de suivi des migrations co-géré par l’AAPPMA de l’Elorn et la Fédération de Pêche du Finistère.

On aurait aimé que ces événements consacrés au saumon dans le cadre de la journée mondiale « We are river people » (nous sommes le peuple de la rivière) se déroulent dans un contexte plus optimiste.

On aurait aimé pouvoir annoncer que le 300ème saumon de printemps venait de franchir la passe de Kerhamon, qu’une fois atteinte la barre des 450 fin mai ça se calmerait et qu’à partir de fin juin, l’avant-garde de 1.500 castillons pointerait à son tour son nez.

On aurait aimé évoquer ces fins de journées au parcours mouche où nous nous retrouverions pour parler du monstre qui avait cassé la ligne au terme d’un rush puissant.

On aurait aimé nous donner rendez-vous au bistrot pour enregistrer les prises et mentir un peu, entre deux éclats de rire, sur la taille du saumon pris la veille.

On aurait aimé célébrer cette complicité et cette sociabilité qui tisse ces liens entre passionnés et contribue, à son échelle, à une cohésion sociale aussi vivante que notre rivière.

Mais la réalité, hélas, est toute autre et le thème de la conférence « Les poissons migrateurs ; bientôt une légende ? » parle de lui-même.

Plus que jamais nous sommes déterminés à faire mentir ce titre. Plus que jamais nous refusons de parler au passé pour choisir le futur.

Dans le cadre de la Fête de la Nature, événements co-organisés par les villes de Landerneau, Plouedern, l’OFB, la Fédération départementale de pêche, Bretagne Grands Migrateurs, Atlas de la biodiversité communale de Landerneau, Worl fish Migration Day et bien sûr l’AAPPMA de l’Elorn.

Les mouches de mai sont là…

Longtemps le terme « mouche de mai » a été une curiosité sémantique. Cette famille de grands éphéméroptères n’apparaissant chez nous qu’en juin jusque la mi-juillet. Cette année leur survenance est particulièrement précoce et les premières éclosions ont fait leur apparition depuis une dizaine de jours. Elle scande l’entrée dans le deuxième printemps qui marque l’apogée de saison la pêche à la mouche.

L’Ephemera Danica, celle qui est la plus commune, est une composante importante des apports en protéines de l’ensemble des habitants de l’Elorn et de ses affluents. Truites évidemment puisque des types spécifiques de mouches artificielles ont été développés depuis le 19ème siècle mais également bergeronnettes, pouillots et autre traquets.

Mais la mouche de mai intéresse aussi d’autres insectes et notamment la grande famille des Odonates dont fait partie cette Demoiselle. Une photo prise par Nicolas Rabant sur le parcours mouche le 11 mai.

Fréquenter une rivière c’est en prendre soin mais aussi saisir le moment exact où la nature s’exprime. Y compris dans ses moments les plus tragiques…