Longtemps le terme « mouche de mai » a été une curiosité sémantique. Cette famille de grands éphéméroptères n’apparaissant chez nous qu’en juin jusque la mi-juillet. Cette année leur survenance est particulièrement précoce et les premières éclosions ont fait leur apparition depuis une dizaine de jours. Elle scande l’entrée dans le deuxième printemps qui marque l’apogée de saison la pêche à la mouche.
L’Ephemera Danica, celle qui est la plus commune, est une composante importante des apports en protéines de l’ensemble des habitants de l’Elorn et de ses affluents. Truites évidemment puisque des types spécifiques de mouches artificielles ont été développés depuis le 19ème siècle mais également bergeronnettes, pouillots et autre traquets.
Mais la mouche de mai intéresse aussi d’autres insectes et notamment la grande famille des Odonates dont fait partie cette Demoiselle. Une photo prise par Nicolas Rabant sur le parcours mouche le 11 mai.
Fréquenter une rivière c’est en prendre soin mais aussi saisir le moment exact où la nature s’exprime. Y compris dans ses moments les plus tragiques…
Déjà deux mois depuis l’ouverture et une occasion pour évoquer nos tableaux de bord et plus particulièrement l’état de nos effectifs. Autant vous le dire, l’année 2026 commence plutôt bien.
Notre comptabilité est segmentée en 6 catégories. Les cartes annuelles, les cartes annuelles femmes, les cartes annuelles mineurs, les cartes annuelles moins de 12 ans, et enfin les adhésions hebdomadaires et journalières. Globalement, par rapport à la même date l’année dernière, nous enregistrons une augmentation de 1.8% de nos effectifs à 782 membres.
Une satisfaction tout d’abord avec un accroissement de 13% des cartes annuelles plein tarif à 241 contre 218 à la même date en 2025. On espère continuer sur cette lancée et c’est une belle reconnaissance pour le travail accompli par l’équipe de professionnels, le conseil d’administration dans son ensemble et ses compagnons de route. Cela montre aussi l’implication de tous à la conduite de l’AAPPMA de l’Elorn.
Pour le reste nous gagnons également des adhérentes (on passe de 14 à 18) et c’est un segment que nous aimerions développer, ça monte aussi chez les mineurs (de 59 à 64) et en cartes hebdomadaires (66 à 70).
Côté pertes, celles-ci sont restreintes ou explicables. Chez les moins de 12 ans on perd trois cartes de 87 à 84 mais ce n’est pas vraiment significatif. Notre plus gros déficit est sur les cartes journalières avec une contre-performance de 18 unités. Mais là encore, une explication s’impose comme une évidence : l’année dernière ce segment avait été dynamisé par l’organisation du Championnat de France pêche à la mouche en lac. Avec évidemment l’acquisition de cartes journalières par les compétiteurs.
Reste l’objet de toutes nos attentions : la population piscicole de l’Elorn.
Nous serons amenés à faire un point sur les remontées de saumon au cours de ces prochains jours mais il n’y a pas de miracle. L’espèce est bien plus que menacée; elle est en voie de disparition. Les causes sont multiples en mer mais les filets posés dans l’estuaire de l’Elorn sont une pression à la fois navrante et inacceptable et ont comme effet de faire disparaitre les rares spécimens qui avaient bravé tous les périls. La migration de l’alose a débuté plutôt bien et tout à fait dans les temps avec quelques douzaines enregistrées à la passe de Kerhamon. La truite de mer commence aussi à pointer timidement son museau mais il faudra attendre encore quelques semaines pour avoir une idée plus nette.
Et puis évidemment la truite fario est fidèle au poste avec une population toujours aussi consistante et répartie depuis le centre ville de Landerneau jusqu’aux ruisseaux les plus amont. Le gros de la population est dans la fourchette de 24 – 28cm mais la pratique du no-kill et la restriction du nombre de poissons gardés à 3 par jour permet de toucher régulièrement des farios de 30cm+ voire 40 – 45cm. Pour le moment ces plus gros sujets restent toutefois exceptionnels.
Cette semaine va être un peu plus compliquée en rivière avec des vents secs et aigrelets le matin accompagnant une chute des températures. Il se peut que l’Elorn s’assoupisse quelques jours tant que les vents sont calés à l’Est. La bonne solution pourrait être de se replier sur le lac. L’autre possibilité est d’arpenter les affluents principaux et de pêcher en pleine après-midi – idéalement vers 16h00 – lorsque les insectes sont de sortie. Pas du coup du soir à attendre mais la pêche n’est heureusement pas une science exacte.
En revanche, si à partir du 20 mai comme les prévisions météo semblent l’attester, le mercure remonte et tutoie les 20 – 24°, ceci après une période fraîche, les conditions en rivière comme en lac vont de nouveau devenir excellentes.
Mais d’ici là, on aura le temps de faire le point.
Un grand plaisir en effet de fréquenter l’Elorn et ses tributaires qui sont entrés en ébullition, ceci conformément à ce qui avait été anticipé dans notre actu du 29 avril. Après quelques jours de temps lumineux et chaud est arrivée une séquence plus tiède et plus humide. La truite fario a montré un enthousiasme un peu irrégulier mais souvent soutenu. Un bonheur pour celles et ceux qui étaient là au bon moment.
Sur la rivière principale l’activité a été constante tout au long de la journée avec toutefois des niveaux d’intensité variable. Une activité assez inorganisée en matinée. Une accélération modérée et continue en après-midi. Une nette intensification à partir de 19h30 pour de nouveau ralentir sérieusement à partir de 21h00. Si coup du soir il y a pu avoir, les truites ne sont pas encore à l’heure espagnole. Elle se couchent tôt. Il n’y a pas eu de temps mort et pour qui avait choisi de passer la journée au bord de l’eau, le temps est passé très vite. Le seul moment où l’activité s’est nettement ralentie était sous l’orage.
La nymphe a été plus régulière que la mouche sèche. Des conditions assez typiques pour un début de second printemps et qui préparent la montée en puissance de la rivière qui atteindra son apogée à partir de la fin mai et durera jusqu’à la première quinzaine de juillet.
La plupart des familles d’insectes liés à la rivière sont désormais de sortie. Les mouches de mai de type Danica sont déjà bien présentes sous forme de sub-imago, d’imago et de spent. A ceci il faut y additionner les perles, les trichoptères et de petites éphémères grisâtres présentes dès 10 heures. On n’omettra pas la cohorte des chenilles et autres coléoptères qui se nourrissent des jeunes pousses de saules, aulnes et noisetiers ou encore les hyménoptères sur les plantes à fleur. Bref la vie émerge du dessous des pierres, des bancs de vase et de renoncules ou dégouline des arbres.
Du côté des tributaires principaux de l’Elorn, la pêche a déjà atteint un bon rythme de croisière. Les quatre derniers hivers ont été bien arrosés et ces ruisseaux-pépinières ont fait le plein de truites qui ont pu exploiter l’essentiel de leur chevelu pour pondre. Bon nombre d’entre elles ont rejoint la rivière principale mais la Dour Kamm comme le Quillivaron, le Stain ou le Penguily ont manifestement pu retenir une partie de l’effectif. Ces ruisseaux ne sont pas à négliger. Les poissons sont néanmoins plus petits mais très nombreux en postes comme en densité.
Ces prochains jours vont présenter une situation météorologique atypique. Les température vont chuter pratiquement de moitié par rapport à celles de début mai avec parfois un fort vent d’Est. Logiquement l’activité en rivière devrait se calmer avec une réduction de la présence des insectes aériens. Et dans ce cas les pêcheurs de l’Elorn ont une arme secrète : le lac du Drennec !
C’est toujours un plaisir d’accueillir des amis pour une de leurs sorties annuelles. Le dimanche 17 mai l’ABPM sera sur le lac du Drennec pour la journée. L’ABPM (site internet abpm-asso.fr, mail ) a été créée en 1995 et quelques uns de ses membres les plus éminents sont adhérents de l’AAPPMA de l’Elorn.
Pour les habitués plus ou moins réguliers du lac, concentrer sur quelques heures quelques dizaines de pêcheurs est toujours intéressant. Diversité des approches, diversité du matériel, diversité des mouches, nymphes, streamers utilisés avec cette année une guest star : Jean Decroix, champion d’Europe et de France du lancer longue distance et artiste de la double traction ! Autant vous dire que ça va être spectaculaire et très instructif.
Et puis l’ABPM c’est aussi une bande de copains qui partagent la même passion et qui adorent être ensemble. En somme, pour les non-adhérents c’est aussi l’occasion de rencontrer cette association et de voir comment ses membres se confrontent avec des truites qui sur cette pièce d’eau de 110 hectares n’en font qu’à leur tête et où chaque poisson se mérite.
Bienvenue à l’ABPM ! Bienvenue chez nous, vous êtes ici chez vous !
L’ABPM organise une sortie de pêche de la truite du bord au lac du Drennec le dimanche 17 mai 2026.
Les inscriptions se font par e-mail sur la boîte de L’ABPM :avant le 14 mai.
Vous devez être obligatoirement en possession de la carte de pêche 2026 de l’AAPPMA de L’Elorn, l’association étant non-réciprocitaire et d’un carnet de capture, téléchargeable sur le site de l’AAPMA de l’Elorn:
Vous y trouverez également toutes les informations et réglementations utiles à la pratique de la pêche sur le lot de l’aappma de l’Elorn.
Le rendez-vous est fixé à 08h30 sur le parking du parcours mouche.
Nous nous dirigerons vers les lieux de pêche après les informations d’usage.
Dans le but de préserver les poissons, et pour montrer l’exemple, lors de notre sortie, l’épuisette est obligatoire et les hameçons sans ardillon.
Les cannes de réservoir sont de 9 à 10 pieds, les soies flottantes ou intermédiaires de 6 à 8 (voire plongeantes), les bas de ligne de pointe de 17 à 22 centièmes selon le type de pêche , flottants, intermédiaires ou plongeants.(ceci n’étant qu’une indication).
Pour s’adapter aux circonstances, les mouches peuvent être sèches, noyées, nymphes, chironomes ou encore streamers…
Avoir un binôme pour la pêche du bord est recommandé pour amener le poisson à l’épuisette et pour la sécurité même des pêcheurs; en effet, certains secteurs du lac présentent des berges abruptes.
Lors de cette sortie, Jean Decroix, ancien champion de France et d’Europe de lancer à la mouche longue distance, vous apportera ses conseils techniques sur la double traction, très utile pour gagner ces quelques mètres qui font très souvent la différence.
N’oubliez pas votre casse-croûte du midi. Le café du matin et l’apéritif du midi sont offerts par l’ABPM.
Si la pêche sur la lac du Drennec a été saluée comme exceptionnelle au cours de ces dix derniers jours d’avril, les rivières et les affluents du domaine de pêche de notre association ont elles aussi permis quelques séances assez mémorables avec des conditions qui n’avaient que peu de choses à voir ce qu’il est habituel de rencontrer aussi tôt en saison.
Les pluies persistantes qui avaient gonflé nos rivières tout l’hiver ont pratiquement cessé de tomber. Les températures ont tutoyé des records sur des durées de plusieurs jours. Le niveau de la lame d’eau s’est tassé pour présenter des conditions de mi-mai avec un mois d’avance. Une situation que nous observons avec une certaine inquiétude mais qui produit de bonnes conditions de pêche.
Dès le milieu de la semaine débutant le 13 avril et après le passage d’un bref coup de froid de Nord-Est, des gobages réguliers ont pu être observés à partir de 13h00 avec un pic vers 16h30 sur l’ensemble du cours principal de l’Elorn, y compris en aval de la Roche-Maurice qui se réveille pourtant toujours plus tard en saison. Quant aux affluents ils étaient déjà bien actifs depuis le début du mois mais ce n’était pas une surprise.
Logiquement la mouche noyée aurait dû être le choix du moment mais comme pour le lac du Drennec ces chaleurs précoces ont permis l’éclosion d’une cohorte d’insectes : trichoptères, mégaloptères, plécoptères et les premières apparitions un peu consistantes d’éphéméroptères. Ceci dès la dissipation de la fraîcheur de la nuit.
De fait, toutes les techniques de mouche fouettée aval (noyée) comme amont (sèche et nymphe) ont produit de beaux résultats sur des parcours qui sont accessibles grâce au travail opiniâtre de nos bénévoles et de notre équipe de professionnels, Nicolas, Alain et Yann.
Les résultats sont là. Plusieurs décennies de préservation vigilante, de défense sans concession de la qualité de l’eau et d’entretien de nos écosystèmes produisent une pêche de qualité sur plusieurs dizaines de kilomètres tant sur le cours principal que sur les émissaires de notre domaine de pêche.
Les prévisions météo anticipent un coup d’eau entre les jeudi 30 avril et le dimanche 3 mai (30 à 50mm selon les sources) avec un temps plus frais mais un fond de l’air qui sera encore tiède. Les niveaux vont probablement gagner quelques centimètres. Si ces prévisions se vérifient, tout pêcheur avisé et disponible fera son possible pour être en action dans la semaine du 4 au 11 mai. Il se peut qu’il y ait du sport !
Bon, c'est vrai que nous avons sur ces derniers 10 jours d'avril un temps de fin mai. Le niveau des rivières se tasse sous un triple effet : manque de pluie, vent séchant et températures tièdes voire chaudes, absorption de l'eau superficielle par le végétal mais de très belles séances ont été possibles avec quelques superbes spécimens. Nous y reviendrons.
Ces conditions fournissent aussi une situation extrêmement favorable pour la pêche sur le lac du Drennec. Les trois types de truites....arcs de remise récente, arcs ensauvagées et farios (on rappellera que les farios sont en no kill) ... étaient en activité.
Point de situation et observations toujours aussi fines et pertinentes par Franck Ripault avec, en filigrane, de précieuses recommandations.
" Le lac arbore ses plus belles couleurs depuis 15 jours. La poussée végétative entraîne une belle abondance d'insectes, sialis et surtout mouches de l'aubépine, Bibio marci.
Il faut se lever tôt pour être au rendez-vous avec les truites qui sont maintenant en pleine forme. Les gobages sont réguliers surtout en présence de chironomes qui tapissent la surface de l'eau dès les premières lueurs de l'aube. Il faut faire preuve de persévérance afin de tromper les arcs mais aussi quelques farios qui vont ensuite rejoindre les profondeurs une fois le soleil trop haut.
Au moindre souffle de vent, l'activité reprend, cette fois ci sur les sialis et les bibios qui tombent bruyamment à l'eau ce qui nous vaut des gobages violents tout proches de la bordure. Quelques olives de lac sortent également lorsque le soleil est masqué par les nuages. Il faut marcher longtemps pour trouver les concentrations d'insectes et donc de poissons. Les rotengles sont en pleine période de reproduction, ce qui attire les plus grosses truites dans des chasses éphémères."
Bref... vous l'avez compris le lac du Drennec est monté en puissance en cette fin avril mais il suffit toutefois d'un coup de froid par vent d'Est pour que ce bel ordonnancement soit perturbé quelques jours.
C'est ce qui fait le caractère exceptionnel de ce plan d'eau de 110 hectares ceint de bocages, adossé aux crêtes somptueuses des Monts de l'Arrée.
C'est aussi ce qui fait la qualité de sa pêche en cette précoce seconde quinzaine d'avril... en rythme allegro vivace !
Nouvelle pollution ce jeudi 16 avril sur le Lapig, cet affluent urbain qui traverse Landivisiau. Nouvelle pollution car cet affluent de l’Elorn paye cher sa traversée des zones d’activités : fuites dans les réseaux, négligences, malveillances. Comble de malheur, c’est un émissaire particulièrement attractif pour les truites du cours principal qui viennent y pondre leurs œufs. Cette fois encore avec la perte de 120 à 150 poissons, le cheptel sauvage paye cher. Nous estimons que depuis une dizaine années nous avons perdu plus de 1.200 truites au cours des multiples « accidents ». Etat des lieux par Gérard Sponnagel notre administrateur en charge du secteur de Landivisiau.
Le Lapig qui prend ses sources au nord de la voie express vient d’être victime d’une énième pollution le 16 avril dernier. Elle a provoqué la mortalité totale de toute la faune aquatique entre a minima, la zone du Vern et le rond-point du Lapic. Ce ruisseau dans lequel nous constatons plusieurs fois par an des eaux blanches ou une turbidité anormale, traverse une zone industrielle qui s’est agrandie au fil des décennies sans le moindre plan d’ensemble. Le circuit exact des canalisations est le plus souvent méconnu, des kilomètres de tuyaux sont enfouis sous des dizaines d’hectares de surfaces bitumées. La plupart du temps, il est difficile de localiser l’origine des rejets. Il semble que certaines entreprises évacuent leurs eaux polluées dans le réseau pluvial.
Cette situation est d’autant plus inacceptable que la zone industrielle continue à s’étendre sans le moindre souci de dresser une cartographie générale du réseau. L’an dernier déjà début mars des rejets polluants avaient occasionné la mortalité totale des poissons de Kerzuguel à 200 m en dessus du Super U. Notre association et Madame le maire, Laurence Claisse, avaient déposé plainte.
Cette fois une mortalité de 120 à 150 truites est à déplorer en plus de chabots et goujons et sans compter les alevins qui viennent d’éclore et qui se comptaient par milliers.
Il est impératif que cette situation soit clarifiée et que les responsables soient identifiés. Il est inadmissible que nous ayons à déplorer ces pollutions à répétition en amont d’une l’usine de production d’eau potable qui alimente plus de 320.000 consommateurs. En outre, l’impact est majeur sur les populations de truites, saumons, anguilles, loches, chabot, goujons dont des espèces d’intérêt européen. C’est une perte sèche pour les effectifs de salmonidés de l’Elorn d’où proviennent les géniteurs. Véritable tonneau des Danaïdes ce processus de recolonisation se heurte systématiquement à ces pollutions.
Plainte a été déposée par l’AAPPMA, l’enquête suit son cours. Affaire à suivre.
A vrai dire, cette année il a fallu être un peu patient. Une ouverture un peu paresseuse tant en lac qu’en rivière. Des eaux hautes et froides et un vilain petit vent de Nord – Nord-Est qui a tenu quelques jours et a calé les truites au fond.
Et puis comme il fallait s’y attendre dès que les températures ont pris l’ascenseur l’ensemble de notre domaine de pêche – lac du Drennec, rivière principale, affluents – s’est réveillé. Des températures anormalement chaudes à partir du 4 avril avec des pointes à 26° les 4, 5, 6 et 7 avril. Très inquiétant pour les observateurs attentifs du climat mais tout aussi motivant pour les insectes qui sont apparus en masse. Et les truites ont suivi.
Côté lac tout d’abord outre cette belle arc prise au petit matin, le cortège des insectes d’eau est apparu avec une densité qui n’avait pas été observée depuis quelques années a mis le poisson à table. Des olives en journée provoquant des gobages spectaculaires et sonores, des chironomes plus discrets en fin de journée, avec l’inévitable présence de petits nuages de sialis très difficiles à imiter tant leur taille est réduite. Les truites étaient en activité.
De belles séances avec des moyennes qui sont passées de 5 à 6 poissons dans l’après-midi à une vingtaine. Bref, le beau temps a mis les truites à table et la saison est vraiment lancée.
Coté rivière, la satisfaction de tomber sur de très beaux poissons selon un rythme régulier à partir de 10h30 – 11h00 au fur et à mesure que se dissipait la fraîcheur de la nuit. Si les affluents – Dour Kamm, Quillivaron, Stain, Penguilly… – s’étaient réveillés dès le 20 – 25 mars, le cours principal depuis Landerneau jusqu’à l’amont de Sizun a emboité le pas une semaine plus tard avec quelques spécimens exceptionnels retournés en parfaite santé dans leur élément.
Toutes les techniques de la mouche fouettée ont été efficaces selon l’heure de la journée et l’inspiration du pêcheur. Noyée plutôt le matin, sèche aux heures les plus chaudes, nymphe en fin de matinée jusqu’au seuil de la soirée. Noter qu’il est encore trop tôt pour observer des coups du soir. Il faudra encore patienter un mois.. Peut-être moins si un temps tiède s’installe durablement.
La pratique de la mouche noyée a longtemps été, en Bretagne de l’Ouest, une pêche de paysan. Des mouches simples, une action de pêche basée sur l’observation et une pratique qui débutait dès l’ouverture, en février jusque dans les années 1970. Mais c’est dès le mois d’avril que cette pêche avec lancer vers l’aval, donne son plein rendement. Et contrairement aux idées reçues, elle peut être pratiquée toute l’année pour peu que les herbiers ne l’autorisent… raison de plus pour s’y intéresser car elle marche très bien sur l’Elorn !
Paul Troël, moucheur, écrivain et illustrateur émérite nous a confié cette présentation. Texte et illustrations.
Mes noyées sur l’Elorn
Pendant mes 60 ans de pêcheur à la mouche, j’ai beaucoup pêché le haut-Blavet, le Trieux, puis l’Elorn à la mouche noyée, comme me l’avait appris les anciens et cela dès l’ouverture (alors en février, il y a une cinquantaine d’années, puis en mars). J’utilisais alors les mouches de mes “professeurs”, qui ressemblaient à tout …sauf à des mouches, mais elles étaient efficaces.
Au début des année 1990, mes réflexions m’ont amené à concevoir d’autres modèles basés sur mon expérience, qui m’ont démontré une meilleure efficacité. A partir de là, je n’ai plus guère utilisé que trois de ces nouveaux modèles: une mouche brune (1. sur la fig.) cerclée ou non de jaune ou d’or (50% de mes captures), une mouche avec un thorax en poil de lapin et une queue en laine tango (2. sur la fig.) et une mouche de couleur olive (3. sur la fig.), plus ou moins claire (soie floche Marabou). Ces mouches se distinguaient surtout par l’utilisation d’hameçons très fins, à hampe longue, taille N° 12. Le corps ne dépassait pas la moitié de la hampe (comme ceux du fameux pêcheur écossais W. C. Stewart) et par deux couches d’enroulement de fil de cuivre de diamètre 0,2 mm, la première couche de 24 tours et la seconde (pour former le thorax) de 8 tours (voir fig.), afin de lester légèrement l’ensemble.
Je pense que la principale qualité de ce montage avec hameçon à hampe longue a été de diminuer le nombre de ratés au ferrage.
La mouche marron, presque toujours en pointe, évoque nos larves de Baetis rhodani (ouvernus) présentes toute l’année et surtout en début de saison lorsque la truite n’a pas un grand choix d’insectes. La mouche à queue tango et thorax en poil de lapin ou de lièvre, inspirée d’une mouche Ragot, évoquerait, à mon avis, une pupe de trichoptère. Plus haut sur mon bas de ligne, une mouche olive imitant des larves de Baetis ou de Serratella ignita. L’ordre des mouches pouvait être inversé sur la ligne en fonction de l’activité des truites. J’ai utilisé ces mouches pendant trente ans sur l’Elorn. Sur le Trieux, j’utilisais en plus une imitation de Cul-Vert (Brachycentrus subnubilus), trichoptère absent sur l’Elorn et le Blavet. Sur cette rivière du Kreizh-Breizh, une mouche à corps en herl de paon à queue rouge semblait plaire aux truites. Je ne l’ai guère utilisée ailleurs.
Pour le bas de ligne, jai testé de nombreux fils, mais je n’ai rien trouvé d’équivalent au Maxima qui offrait notamment une meilleure raideur pour la conduite des mouches, évitant, de ce fait, les perruques au lancer et l’enroulement des potences autour de la ligne. Pour les potences, leur longueur pourrait sembler courte à certains (de 3 à 7 cm, ces 7 cm à la première utilisation du bas de ligne permettant ensuite le changement de mouche), mais utiliser du 17/100è ne me permettait pas d’aller au-delà. Je possédais des cannes de 9’, 10’, mais sur l’Elorn je n’ai guère pêché qu’avec ma 8’5’’, voire une 7’5’’ sur le cours supérieur, ce qui ne me posait pas de problème, avec, autre élément important, une soie la plus légère possible. Et comme disait un de mes anciens profs : Il y aurait encore beaucoup de choses à dire à ça, mais puisque c’est comme ça, laissons ça comme ça… – Paul Troël
Top départ de la saison 2026 ces 14 et 15 mars. Temps clément après un hiver qui a largement chargé les nappes et souvent mis les rivières de notre domaine de pêche à raz bord dès le mois d’octobre. De bonnes conditions hivernales d’accès aux frayères pour la 4ème année consécutive qui augurent bien de la densité de truites pour ces prochaines années. Heureusement une période plus sèche a précédé l’ouverture et les conditions d’accès étaient optimales.
Dès le samedi à l’aube 80 pêcheurs se pressaient sur les berges d’un lac du Drennec chargé jusqu’à la gueule avec un niveau d’eau rarement vu. Du poisson aux premières heures du jour pour récompenser les lève-tôt, une activité plus irrégulière par la suite. De nouveau un petit pic d’activité en début de soirée puis le calme aux derniers quarts d’heure du jour. Un même scénario le lendemain sans doute dû à une température très fraîche (1° au lever du jour) qui a découragé les éclosions. Une grosse majorité d’Arcs et parfois quelques Farios.
Scénario différent en rivière avec toutefois là aussi une fréquentation soutenue sur les cours moyen et supérieur de l’Elorn surtout à partir de la seconde moitié de la matinée, vers 10h30 avec, le samedi, l’arrivée du soleil. Bonne inspiration car dès que l’atmosphère s’est réchauffée la truite fario s’est mise en poste avec une activité à la fois régulière et vigoureuse. Le dimanche de mêmes conditions se sont reproduites avec beaucoup de poissons en activité pour celles et ceux qui avaient pris le chemin des affluents : Penguily, Quillivaron, Dour Kamm, Stain… Une mention spéciale pour les après-midis des samedi et dimanche pour la pratique de la pêche à la noyée et à la nymphe. Le poisson était réactif.
Cette année encore la grande diversité de nos parcours de pêche aura permis une large variété des techniques et des plaisirs. Lac, rivière principale, affluents, mouche de lac, nymphe, noyée, cuillère, poisson nageur (nous recommandons vivement de n’utiliser d’un hameçon simple pour ces deux méthodes), leurre souple, toc (avec un hameçon surdimensionné).
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