Dossiers pollutions & infractions : 7 nouvelles du front !

Cet été, ce n’est pas parce que les eaux étaient basses et le poisson paresseux que votre association s’est assoupie  ! Assurer un environnement sain pour une pêche de qualité comporte plusieurs compartiments d’action : la gestion courante de l’association, l’entretien du domaine de pêche, la sensibilisation et la vie citoyenne… et l’action juridique contre les pollutions et autres incivilités. Hélas il y a de quoi faire.


Revue de détails en cette fin août 2026.

1. FLECHE :


Rivière-martyre victime des pollutions agricoles à répétition. Les multiples appels, renvois, expertises (dossier égaré !) n’ont cessé de rallonger les délais depuis 2017. Ces delais peuvent également se comprendre par le fait que notre AAPPMA s’est lancée dans un travail de fond faisant appel aux derniers outils scientifiques mis au point par la recherche (CSP aujourd’hui OFB) pour donner une valeur à la destruction d’actifs naturels et pointant les limites des méthodes utilisées jusqu’à la fin du siècle dernier (méthode Léger-Huet-Arrignon).

1.1 – Pollution du Traonig Kerné, superbe affluent rive gauche de la Flèche anéanti en août 2018 sur tout son cours, ainsi qu’une partie de la rivière principale, jugée au pénal .
Nous avons fait appel au civil du fait de la faiblesse du montant des réparations accordées aux deux AAPPMA plaignantes. Rappelons que l’AAPPMA des Abers gère le cours aval du bassin versant. Le dossier ayant enfin  été retrouvé (égaré durant plusieurs années !)  le jugement en appel est prévu le 11 septembre 2026.

Superbe truite de mer mâle de 4 livres asphyxiée par le flux de lisiers.

1.2 & 1.3 –  Pollutions de mai et décembre 2021 : dans une récente audience (10 mars 2O26) le tribunal a désigné un expert  chargé de se prononcer sur nos prétentions civiles. 9 mois seront nécessaires pour mener cette expertise. Audience prévue le 14 septembre 2027.

Le « tableau de chasse » du pollueur : échantillon de mortalité sur seulement 30 mètres de rivière à Penmarc’h en Saint-Derrien (Flèche)

1.4 – Pollution de mai 2022 : Dans son jugement du 13 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Brest a désigné un expert inscrit auprès de la Cour d’Appel de Bordeaux pour se prononcer sur les prétentions civiles des deux AAPPMA plaignantes (ELORN et ABERS). Le premier rapport a été rendu en juillet dernier et présenté à toutes les parties. Le rapport final devrait être rendu en septembre prochain

La Flèche ravagée par un flux de polluant.

2 – ELORN :


2.1 – Pollution  février 2023 du ruisseau du Mougau (amont lac du Drennec). Audience prévue en octobre prochain.

Un signe qui ne trompe pas (1)… accumulation de mousse d’effluents…

2.2 – Pollution du Justiçou, août 2023, affluent de l’Elorn, anéanti sur tout son cours avec arrêt durant plusieurs heures du pompage et du traitement des eaux à l’usine de production d’eau potable de Pont Ar Bled. L’audience prévue en juin 2026 a été  reportée en mars 2027.

Un autre signe qui ne trompe pas (2) : mousse attestant d’une pollution organique lourde.

Sans vouloir sombrer dans l’agri-bashing, ce que le lobby agroindustriel ne manquera pas de nous faire observer, il n’échappera à personne que la quasi totalité des pollutions sont d’origine agricole !

Clairement nous aurions préféré avoir affaire à des operateurs plus responsables, plus compétents et plus professionnels et ne pas avoir à déplorer la répétition de tels dégâts sur nos rivières.

3 – CAPTURE ET VENTE ILLEGALE D’ESPECES PROTEGEES.


Enfin une affaire d’un autre ordre, la vente illégale de saumons et truites de mer à la criée de Brest,  fait l’objet d’une plainte civile de l’AAPPMA de L’Elorn, de l’AAPPMA de Daoulas et de Fédération départementale des AAPPMA du Finistère.

Nous reviendrons en détail sur toutes ces affaires qui vont faire grand bruit dans les mois à venir. Autant d’actions en justice qui occupent lourdement nos associations depuis plusieurs années :


. Préparation technique des rapports à destination de nos avocats,
. Analyse des argumentaires, contre-argumentaires et expertises,
. Rendez vous avec les experts, 
. Enquêtes de terrain et recueil d’informations,
. Déplacements divers. 

Ce sont là plusieurs dizaines d’heures de travail fournies par des bénévoles qui, par leur investissement, ont acquis une connaissance précieuse de leurs rivières, de la nature et de l’origine des pollutions et des enjeux qui leur sont liés.

A noter au passage la substantielle prestation fourni fournie par l’AAPPMA de Morlaix suite à la pollution de la basse Penzé et qui a déjà fait l’objet d’un  jugement exemplaire. Affaire actuellement en appel.

On soulignera enfin que devant l’importance et le nombre des affaires en cours la Fédération départementale a mis en place une commission pollution courant juillet.

Alors que nous sommes encore dans la situation d’un été d’extrêmes chaleur et sécheresse, plus que jamais la défense de la qualité des eaux est un enjeu fondamental qui concerne l’ensemble de la société.

A ce titre le travail fourni par notre association, ses alliés et la Fédération de pêche du Finistère n’est pas seulement une question halieutique. C’est aussi une affaire de santé publique des populations et de défense de l’Etat de Droit au service de la qualité d’un Bien Commun de la Nation.

La fin de saison est lancée !

Des températures plus fraîches, des nuits plus longues, un coup d’eau qui a revivifié l’Elorn, une semaine qui est présumée plus humide annonçant enfin – on l’espère – la conclusion d’un été extraordinairement chaud et sec… et il n’en fallait pas plus pour recompenser les pêcheurs opiniâtres et habiles.

Les belles truites qui s’étaient faites discrètes depuis plusieurs semaines pointent de nouveau leur museau. La prima dona du week-end, relâchée en pleine forme comme il se doit !

(Image Ewan)

Il est temps de rechausser les bottes !

Cela faisait plusieurs semaines qu’on attendait ce coup d’eau. Finalement il est arrivé ce mercredi 19 août entre 7 heures du matin et midi avec une quinzaine de litres par m².
Une partie a ruisselé sur des sols durs et assechés puis s’est infiltrée en assouplissant la terre. Une pluie d’orage livrant 50mm en 2 heures aurait été catastrophique.
L’Elorn est montée d’une dizaine de centimètres, les eaux sont restées piquées jusqu’au lendemain et la température du flux est passée de 18.5 a 16.5° pour remonter à 17° ce 21 aout. On rappelera qu’au coeur de la période caniculaire nous étions montés à 21.5° au niveau de la Roche Maurice.

Fario mâle d’une trentaine de centimètres du cours supérieur de l’Elorn.

La rivière s’est animée en fin d’après midi du 17 août avec des poissons en activité entre 17 et 20 heures, essentiellement sur les larves et autres gammares qui avaient trouvé leurs postes d’étiage sur des supports balayés par la montée des eaux. La nymphe plus que la mouche sèche a donné des résultats probants qui n’avaient pas été vus depuis début juillet.

Truite en nymphe hare’s ear du parcours aval.

Le lendemain les truites étaient encore actives, y compris sur lancer léger, notamment sur les magnifiques parcours entre Sizun et le barrage du Drennec.

Le Vulcain tombé à l’eau lors de la mise au filet de ce joli poisson du cours supérieur s’en est tiré sans casse !

Il ne nous reste désormais que quatre semaines avant la fermeture de la 1ere catégorie en rivière et la météo nous prévoit un temps frais avec, les sources semblent concordantes, un temps régulièrement humide à partir du lundi 24 août.

Si ces prévisions devaient s’avérer, nous allons entrer dans une période extrêmement favorable et assez comparable à celle rencontrée en mai. Une fin de saison pluvieuse, le retour d’un air plus vif conjugués à des nuits plus longues offrent souvent une fin de saison en feu d’artifice que se soit à la mouche ou au leurre.

Bref il est temps de chausser les bottes et de ressortir les cannes.

(Images Ewan, Renaud)

Après 3 mois sans pluie et 5 vagues de chaleur où en sommes nous ?

Cette 3eme semaine d’août marque la fin de trois mois infernaux durant lesquels la réalité du changement climatique s’est imposée dans toute sa violence.
Comme l’indique l’interview du Président, l’Elorn a plutôt bien résisté grâce au barrage du Drennec. Les affluents ont conservé une lame d’eau qui a évité toute mortalité massive. En fait la pêche ne s’est jamais arrêtée même si les truites ont été plus timides et plus paresseuses qu’en période normale.

En revanche ces 90 jours infernaux, de la mi – mai à la mi – août se sont inscrits dans les paysages avec une souffrance apparente des hêtres, châtaigniers et chênes qui ont roussi dès le début août.


Alors que cette seconde quinzaine du mois marque le retour des perturbations atlantiques, voici état des lieux de l’ensemble de notre domaine de pêche. Un constat : à une exception près la situation est critique mais les dégâts relativement limités.

1. Bassin versant de l’Elorn.

. Elorn : situation normale.

L’Elorn au Launay (Sizun amont)


Le niveau de l’Elorn bénéficie d’un soutien d’étage de 500 à 800 litres / seconde provenant du barrage du Drennec.

L’Elorn au Launay (Sizun amont)

Le niveau de l’eau était bas mais correct. Des craintes en juillet lorsque la température de l’eau à la Roche Maurice tutoyait les 21° mais est retombée a 18 – 19° grâce a des nuits plus fraîches. Noter que la rivière est restée pêchante.

. Quillivaron – Dour Kamm – Penguilly : niveau très bas mais passable.


Ces trois affluents sont des coffres forts pour l’Elorn avec des populations de truites extrêmement denses.

La Dour Kamm : un flux passable et des fonds propres.

Leurs niveaux sont très bas mais encore substanciels. Aucune mortalité observée.

Le Penguilly avant sa confluence avec l’Elorn.

Le Quillivaron notamment est resté praticable durant toute la période critique.

Le Quillivaron, une des pépites de notre domaine de pêche.

2 . Haute – Flèche Penmarc’h en Saint-Derrien : étiage bas aggravé par une pollution organique lourde.

La Flèche à Penmarc’h : un flux passable mais saccagé par les pollutions organiques.


La Flèche paye cher la présence d’équipements de production animale et de méthanisation sur sa tête de bassin versant. L’étiage est bas mais néanmoins relativement soutenu toutefois le flux ne permet plus la dissolution des matières organiques.

Une pollution organique massive produisant une situation problématique.

Situation nettement dégradée avec forte baisse qualitative du milieu.

3. Haut – Horn, amont de Plouvorn : étiage très bas mais passable.

L’Horn en amont de Plouvorn. Une relativement bonne suprise.


L’Horn bénéficie à plein de son approvisionnement par la nappe du Léon. Le niveau est très bas mais encore passable.

Les eaux semblent plus fraîches permettant une présence assez substantielle d’insectes.

Une bonne résistance des insectes sur le Haut – Horn.

Cette partie de l’Horn abrite une importante population de truites juvéniles qui ensemence le reste de la rivière. Pas de dégâts visibles.

4. Haute – Penzé amont de Loc – Eguiner – Saint – Thegonnec : situation catastrophique.

La Haute – Penzé sur l’aval de notre parcours. Du jamais vu !


Jamais la Haute – Penzé n’avait été aussi basse. La population de truites pourtant très nombreuse, semble avoir disparu pour se réfugier dans les profonds ou dévaler.

Encore 15 jours à ce rythme et c’était l’assec !

Clairement cette partie amont de la Penzé était au bout du rouleau. 15 jours de sécheresse en plus et c’était l’assec.

5. Haut – Guillec : confluence Guillec – Stang : bilan contrasté.

Le Guillec en aval de sa confluence avec le Stang.


En aval de la confluence la situation est passable avec de nombreuses truites dans les profonds mais c’est grace a l’apport du Stang.

L’essentiel du flux provient du Stang…

Le Guillec est lui dans une situation catastrophique avec un assec qui n’est pas loin et qui est aggravé par une charge organique lourde.

Le Guillec est proche de l’assec.

Ce 19 aout marque le retour de la pluie. Les prévisions météorologiques annoncent plusieurs séquences pluvieuses au cours de ces dix prochains jours. Tant mieux. Mais l’alerte aura – sans jeu de mot – été très chaude et sans un hiver extrêmement humide et qui avait chargé les nappes jusqu’à la gueule jusqu’à la mi – mai nous aurions eu une situation encore plus dégradée.

Reste à savoir quels enseignements vont être tirés de ce premier coup de semonce qui n’est que l’avant-garde de ce qui nous attend ces prochaines années.

Un gros travail devra être engagé pour renforcer la résilience de nos rivières et éviter les solutions à courte vue ne privilégiant que des acteurs peu respectueux de l’Etat de Droit et ayant déjà un lourd passif d’atteintes à la biodiversité.

(Situation au 17 aout 2026)

Les mercredis du Lapig… nouveau succès de l’activité pêche !

Au nombre des actions de notre association figure l’initiation à la pêche à la ligne à destination des enfants de 10 ans et moins. Une activité intégrée aux loisirs estivaux proposés par la ville de Landivisiau.

Ce mercredi 5 août pas moins d’une quinzaine d’enfants, les nouveaux sociétaires de notre association, encadrés par Lisa l’animatrice, sont venus pour deux heures de pêche au bouchon sous l’oeil vigilant de Gérard appuyé par Alain, Yann et Renaud.

Un matériel fonctionnel et essentiel (canne au coup de 4 mètres, bouchon, plombs et hameçon de 18 sur 12/100), parfait pour aller taquiner les trois espèces qui peuplent les deux plans d’eau de l’aire de loisir : goujons, vairons et gardons. Quelques belles carpes hantent également les fonds mais sont bien plus méfiantes.

Autant vous le dire, il n’y a pas eu de bredouille mais des poissons indulgents séduits par des vers de terre et du pain. Généralement du goujon mais également quelques gardons plus gros qui ont vite été dénommés « requins » par les enfants enthousiastes pour lequels ces deux heures – entre 14 et 16 heures – sont passées un peu trop vite.

Combien d’entre eux reverrons-nous d’ici une dizaine d’années arpenter les rives de l’Elorn munis d’une canne à mouche ou d’un lancer ultra-léger ? Combien se joindront à la communauté des pêcheurs pour défendre notre précieux Bien Commun ?

Difficile à dire mais on peut déjà observer qu’un tiers de l’effectif s’est appliqué et à vite remarqué que les coins ombragés étaient les meilleurs et que la proximité des racines multipliait les touches. La pêche est une affaire d’observation et de capacité en tirer toutes les conclusions utiles. Certains n’ont pas eu besoin d’explications. C’est bon signe.

Le Télégramme – 6 aout 2026

Notre voeu le plus cher est de les croiser d’ici quelques années au bord de l’Elorn et d’apprendre incidemment, au détour d’une conversation, que c’est durant l’été 2026 qu’est née cette passion… Que demander de plus ?

(Cours tous les mercredis, renseignements à la mairie de Landivisiau)

Re zo re… halte au braconnage des derniers saumons !

Trop c’est trop en effet ! Dans notre actu du 30 juin nous écrivions « la bêtise humaine n’ayant aucune limite, une minorité de malfaisants profite des conditions climatiques pour harceler les migrateurs par tous les moyens« .

Un mois plus tard, grâce à la veille des responsables d’AAPPMA et des agents de l’Office Français de la Biodiversité, des actes de braconnage lourds se confirment sur de nombreuses rivières du Nord du Finistère (Elorn, Penzé, Douron…) mais également dans le Sud (Odet).

Ces voyous sans foi ni loi n’hésitent pas à se mettre, hilares, en scène sur les réseaux sociaux avec le produit de leur « pêche » : saumons mutilés par des grappins ou des flèches, vidéos…

Des individus, toujours les mêmes, écument nos rivières, de jour comme de nuit, et harcèlent nos pauvres migrateurs déjà en difficultés du fait des conditions climatiques extrèmes (températures excessives, débit d’étiage précoce et sévère). Tous les procédés sont bons : pêche de nuit à la lampe-torche et au harpon, grapinnage, eau de javel…

La trace du grappin ou du harpon est clairement visible sur la flanc du saumon…

Comment peuvent-ils s’exposer publiquement ? Sont-ils à ce point assurés de toute impunité ? Dans quel pays vivons-nous alors même que des mesures extrêmes ont été mises en oeuvre aux niveau régional et national au point d’être dans l’incapacité de mettre un terme à des faits aussi scandaleux.

TikTok du 22 juillet 2026 !

Il est urgent que les autorités se ressaisissent car cette situation perdure depuis des décennies.

Les bénévoles des AAPPMA et de la Fédération sont déjà mobilisés sur le terrain : entretien des cours d’eau, veille écologique, sauvetage des poissons dans des rivières quasi asséchées… Devront-ils de surcroît mettre en place des brigades d’intervention pour empêcher ces actes ? Ou encore mettre des pièges – caméras sur les zones fréquentées par les migrateurs ?

Une profonde exaspération monte et tout ceci risque de très mal finir.

Pisciculture associative du Quinquis : un équipement d’intérêt public.

Notre association est (encore) dans la presse régionale quotidienne ! Cette fois ce n’est ni pour les dégâts d’une nouvelle pollution, ni pour notre action de sensibilisation des jeunes, ni pour la qualité de la pêche sur l’Elorn… mais pour nos efforts de protection du saumon atlantique, le salmo salar espèce abondante jusqu’il y a seulement 15 ans et dont les effectifs se sont effrondrés de 80 à 90%.

Le saumon atlantique, dont la pêche est désormais strictement interdite, est classé en danger d’extinction par l’Union Internationale de Protection de la Nature.

Notre équipement est géré par nos professionnels qui maîtrisent l’ensemble de la filière de production depuis la naissance des alevins jusqu’à leur libération dans la rivière plus d’un an plus tard après avoir été marqués.

La pertinence de notre action est ensuite mesurée par les remontées dans les années qui suivent et qui sont recensées au niveau de Kerhamon par une cellule photoélectrique à déclenchement photo automatique. Cette passe, conjointement prise en cahre par la Fédération de Pêche du Finistère et l’AAPPMA de l’Elorn, permet un suivi scientique des espèces qui font le trajet entre milieux doux et salés (saumon, truite de mer, alose, anguille, truite fario d’estuaire…).

Adhérer à notre association, outre la qualité de notre domaine de pêche, c’est soutenir les efforts de préservation de cette espèce patrimoniale !

l’AAPPMA de l’Elorn : maintenir chaque jour la vigilance sur notre bien commun.

Les AAPPMA, il est vrai, ont comme vocation de gérer la pêche sur les domaines dont elles ont la charge. Mais AAPPMA signifie Association Agréée de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique.

Si l’AAPPMA de l’Elorn remplit parfaitement son rôle pour ce qui est de la proposition d’une pêche de qualité (les ventes de cartes ont augmenté de 20% cette année), nous n’oublions pas pour autant notre vocation statutaire de Protection du Milieu Aquatique.

Cette protection passe par une vigilance de tous les instants afin de traquer et sanctionner toutes les sources de pollution. Nous sommes organisés en groupe locaux répartis sur l’ensemble du cours de l’Elorn et dans le secteur de Landivisiau c’est Gérard qui anime l’association, qui s’investit sans faiblir pour partager sa connaissance du milieu et intervient auprès des pouvoirs publics en cas de pollution. Une énergie qui n’a pas échappé à Ouest-France…

Protection de l’eau : un pas en avant, deux pas en arrière.

Certains ont cru quelques instants que le bulletin n°73 de la commune de Sizun – Saint-Cadou mettait en place un jeu particulièrement astucieux pour faire réagir la population et la sensibiliser à la protection du lac du Drennec. 

Une sorte de jeu des 4 erreurs auquel notre association s’est livrée avec une certaine commisération…

. Une voiture quasiment dans l’eau. 1ere erreur, les véhicules à moteur, les velos et les chiens non tenus en laisse sont strictement interdits sur l’ensemble du périmètre réservé aux seuls marcheurs. Les règles édictées par les organismes gérant la ressource sont allègrement foulées au pied.

. Une source de pollution en bord de plage. 2nde erreur même une fuite d’essence ou d’huile est traquée et sanctionnée car le lac approvisionne les 300.000 habitants de l’agglomération brestoise. Et même en bord de mer ça ne se fait plus depuis une trentaine d’années.

. Une aberration paysagère. 3eme erreur car avec la chaîne des Mont d’Arrée, les boisements et le maillage bocager alentour le lac du Drennec est niché dans un écrin majestueux. Y mettre des voitures est une faute lourde.

. Une erreur de positionnement. 4eme erreur car cette partie du Finistère émet une image de ruralité paisible et respectueuse de la nature. C’est ce qui est promu par les syndicats d’initiative et les offices du tourisme. 

Hélas ce n’était pas un jeu mais bien la réalité d’une communication à laquelle il ne manquait qu’un détail : un barbecue sous les arbres qui bordent le lac. 

Patience patience il reste encore le mois d’août pour réparer cet oubli.

Vie citoyenne : sensibiliser les générations futures.

Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. Cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry peut être transposée à l’Elorn et c’est la raison pour laquelle notre association apporte un soin particulier à faire comprendre aux jeunes générations toute la richesse de la rivière qui leur sera remise. A leur tour ils auront comme mission de la transmettre à celles qui vont leur succéder.

Il faut dire que l’Elorn et son bassin versant donnent beaucoup de choses à voir et à faire. Une partie importante de son emprise est classée Natura 2000 mais derrière cette reconnaissance scientifique se cache une biodiversité exubérante que notre association protège chaque jour. Elle la protège et la fait connaître.

La connaissance de la rivière et de son écosystème doit être partagée dans toute sa richesse : les espèces végétales tapissant les fonds et les rives depuis les calitriches jusqu’aux saules en passant par les salicaires. Les insectes d’eau, depuis les éphémères jusqu’aux trichoptères en passant par les demoiselles. Les mammifères depuis la loutre jusqu’à la martre en passant par le renard. Les oiseaux depuis la bergeronette des ruisseaux jusqu’au martin pêcheur en passant par la buse. Les poissons enfin depuis la truite fario jusqu’au vairon en passant par le saumon.

Et évidemment cela passe également par des travaux pratiques avec, par exemple, une séance de pêche sur l’étang qui borde le Lapig à Landivisiau. Une pêche d’entrée de gamme, au coup avec bouchon, car c’est une pêche facile, visuelle et divertissante. Mais aussi un apprentissage du respect du poisson qui est remis systématiquement à l’eau en bon état.

Mais cette sensibilisation ne peut véritablement atteindre son but – faire l’apprentissage de la connaissance de ce milieu fragile – qu’avec l’enthousiasme des membres de notre association, notamment Gérard, à la fois rugbyman émérite et pédagogue impliqué dans ce travail de transmission et évidemment nos salariés qui, eux aussi, ont à coeur de transmettre la connaissance intime de ce monde merveilleux.

Fréquenter l’Elorn n’est pas seulement prendre du poisson sur une rivière qui demeure pêchante de mars à septembre et qui approvisionne 300.000 personnes en eau potable grâce au lac du Drennec. C’est aussi s’immerger dans un milieu naturel dont il faut prendre soin comme la prunelle de nos yeux et adopter les bons réflexes que seule une culture de la nature peut faire adopter.

C’est là tout l’objet de ce patient travail de sensibilisation que notre association promeut sans relâche.